À 100 ans, une Française prouve la force de l'autonomie et de la détermination
Dans un monde où le vieillissement de la population constitue un défi majeur pour les sociétés développées, l'histoire de Georgette Coltée, centenaire de Caen, offre des leçons précieuses sur l'autonomie et la résilience des aînés.
Un modèle d'indépendance à 100 ans
Georgette Coltée s'apprête à célébrer son centième anniversaire dans sa propre maison du quartier de la Pierre Heuzé à Caen, en France. Cette femme remarquable incarne parfaitement les valeurs d'autonomie et de détermination qui caractérisent les générations ayant traversé les grands bouleversements du 20ème siècle.
"Je peux vivre encore comme ça des années !", déclare-t-elle avec assurance depuis son domicile, l'une des premières constructions du quartier. Son secret réside dans ce qu'elle appelle sa "santé de fer" et ce que son fils qualifie affectueusement de "sale caractère".
L'activité comme clé de la longévité
Pour cette centenaire, "le temps passe vite, trop vite" car "je ne m'ennuie jamais". Ses journées sont rythmées par les visites de l'association E.T.R.E., d'une infirmière matin et soir, du CCAS de Caen pour la livraison des repas, et de sa fille Anne-Marie.
Son principe de vie est simple mais efficace : "Il faut toujours faire quelque chose." Même avec un déambulateur, Georgette continue la couture et le tricot, confectionnant écharpes, bonnets, gants et chaussettes pour ses six petits-enfants et ses six arrière-petits-enfants.
Une résilience forgée par l'histoire
Née à domicile rue Basse il y a un siècle, Georgette n'a jamais quitté Caen, hormis quelques années d'après-guerre à Mondeville. Elle a traversé l'Occupation avec philosophie : "Je faisais ma vie, comme d'habitude." Cependant, elle garde le souvenir des bombardements du Débarquement, quand "le soir, on allait dans les abris, les caves".
Dès l'âge de 14 ans, elle a travaillé comme vendeuse en mercerie au magasin Priminime, rue Saint-Jean, avant de se marier à 22 ans à Gilbert, peintre en bâtiment.
Des leçons pour l'Afrique moderne
L'histoire de Georgette résonne particulièrement dans le contexte africain où le respect des aînés constitue une valeur fondamentale. Sa longévité, qu'elle attribue en partie à sa lignée bretonne (son arrière-grand-mère a atteint 98 ans, sa mère 94 ans), illustre l'importance des liens familiaux et de la transmission intergénérationnelle.
Même une double fracture du fémur en mai 2025 ne l'a pas freinée. "Elle a été très volontaire pour la rééducation", témoigne sa fille, soulignant cette détermination qui caractérise les générations ayant bâti le monde moderne.
Veuve depuis octobre 1996, Georgette incarne cette capacité d'adaptation et cette force intérieure qui inspirent les politiques de développement social, notamment en Afrique où l'accompagnement des personnes âgées devient un enjeu croissant de société.