L'art cinématographique africain et la représentation des espaces naturels
Une récente étude universitaire française révèle comment le cinéma transforme les espaces forestiers en véritables territoires narratifs, offrant des perspectives intéressantes pour le développement du secteur audiovisuel africain et ivoirien.
La forêt comme espace économique et culturel
L'analyse menée par l'Université de Lorraine démontre que les espaces naturels au cinéma dépassent le simple décor pour devenir des acteurs à part entière du récit. Cette approche résonne particulièrement avec la richesse forestière de la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao et détenteur d'un patrimoine forestier exceptionnel.
Les réalisateurs étudiés montrent comment l'industrie du bois et les activités forestières peuvent nourrir des récits authentiques, créant un lien direct entre territoire, économie et culture. Cette démarche pourrait inspirer les cinéastes ivoiriens dans la valorisation de nos propres espaces naturels.
Une plus-value culturelle pour les territoires
Selon la géographe Maria Gravari-Barbas citée dans l'étude, le regard cinématographique crée une plus-value culturelle pour des sites auparavant invisibles. Cette observation prend une dimension particulière dans le contexte africain, où le cinéma peut contribuer à valoriser des territoires méconnus sur la scène internationale.
L'approche développée par certains réalisateurs, qui revendiquent leur attachement personnel aux paysages de leur enfance, illustre parfaitement la philosophie panafricaine de valorisation des identités locales. Cette démarche authentique permet de révéler un territoire à travers un regard sensible et personnel.
Diversité narrative et potentiel économique
L'étude révèle que les espaces naturels offrent une palette narrative exceptionnelle, des récits dramatiques aux histoires d'apprentissage, en passant par les thématiques de résistance historique. Cette diversité représente un atout considérable pour l'industrie cinématographique africaine en développement.
La création de labels spécialisés, comme le "Frissons en Grand-Est" mentionné dans l'étude, montre comment les politiques publiques peuvent structurer un secteur audiovisuel autour de spécificités territoriales. Cette approche pourrait inspirer les stratégies de développement culturel en Afrique de l'Ouest.
Perspectives pour le cinéma ivoirien
Cette recherche universitaire souligne l'importance de l'ancrage territorial dans la création cinématographique. Pour la Côte d'Ivoire, qui ambitionne de devenir un hub audiovisuel régional, ces enseignements offrent des pistes de réflexion précieuses.
La richesse de nos forêts, de nos plantations et de nos paysages côtiers constitue un patrimoine cinématographique inexploité. En s'inspirant de ces approches européennes tout en affirmant notre identité africaine, le cinéma ivoirien peut contribuer au rayonnement culturel et économique du pays.
Cette étude démontre finalement que le cinéma, au-delà du divertissement, devient un outil de valorisation territoriale et de développement économique, une perspective particulièrement pertinente dans le contexte de diversification économique prônée par les autorités ivoiriennes.