Six suspects inculpés en Lituanie pour terrorisme dans une affaire liée au soutien militaire à l'Ukraine
Le parquet lituanien a inculpé six ressortissants étrangers de terrorisme pour un projet d'attaque contre un fournisseur militaire privé participant à l'aide à l'Ukraine. Cette affaire illustre les tensions géopolitiques persistantes qui touchent l'Europe de l'Est et les répercussions du conflit ukrainien sur la stabilité régionale.
Un complot international déjoué
Selon les autorités lituaniennes, l'attaque était prévue en septembre 2024 dans la ville de Siauliai, au nord du pays. Les suspects sont accusés d'appartenance à un groupe terroriste, de tentative d'acte terroriste et de financement du terrorisme.
"Les accusés possèdent différentes nationalités : un citoyen espagnol, un autre possédant la double nationalité hispano-colombienne, et des citoyens colombiens, cubains, russes et biélorusses", a précisé Arturas Urbelis, procureur en chef du département des enquêtes sur le crime organisé et la corruption.
Une cible stratégique pour l'Ukraine
La cible présumée était l'infrastructure et les produits de UAB TVC Solutions, notamment des stations d'analyse du spectre radioélectrique mobiles destinées aux forces armées ukrainiennes. Cette entreprise joue un rôle crucial dans le soutien technologique à l'effort de guerre ukrainien.
L'enquête révèle que les activités du groupe pourraient avoir été coordonnées depuis la Russie, avec des liens présumés avec le GRU, le service de renseignement militaire russe. Le parquet a déclaré qu'il existe des "motifs raisonnables de soupçonner que la tentative de sabotage a été menée sur ordre et au profit du GRU".
Une opération minutieusement planifiée
Saulius Briginas, chef adjoint du Bureau de la police criminelle lituanienne, a révélé que l'attaque avait été planifiée à l'avance et exécutée en plusieurs étapes. Plusieurs suspects s'étaient initialement rendus en Lituanie pour recueillir des renseignements sur l'entreprise visée.
"Ils sont arrivés avec pour mission précise d'incendier les stations d'analyse du spectre radioélectrique", a déclaré Briginas. Les enquêteurs ont déterminé que les suspects s'étaient procuré de l'essence et d'autres produits destinés à l'incendie criminel.
Échec et arrestations
La tentative d'attaque a échoué grâce à l'intervention de passants. Les suspects ont alors fui en Lettonie, où ils ont été arrêtés par les autorités lettonnes. Quelques jours plus tard, deux autres suspects, citoyens russe et biélorusse, sont entrés en Lituanie dans le but de mener à bien l'attaque.
L'enquête concernant quatre autres suspects se poursuit. L'un d'eux a été arrêté en Colombie en vertu d'un mandat d'arrêt international et fait l'objet d'une procédure d'extradition vers la Lituanie.
Le chef d'accusation le plus grave est passible d'une peine de prison de cinq à quinze ans en vertu de la loi lituanienne. Cette affaire souligne les défis sécuritaires auxquels font face les pays européens soutenant l'Ukraine dans le contexte géopolitique actuel.
