Profanation d'une statue de la Vierge en Corse : deux jeunes saisonniers jugés en novembre
Deux jeunes hommes, âgés de 21 et 24 ans, seront jugés le 16 novembre prochain par le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour avoir profané une statue de la Vierge Marie à Porto-Vecchio, en Corse. L'annonce a été faite vendredi 2 octobre 2026 par le parquet d'Ajaccio, qui a également imposé aux deux prévenus de quitter l'île, où l'indignation est forte après la diffusion d'une vidéo de leurs actes sur les réseaux sociaux.
Des faits choquants filmés et diffusés
Les faits se sont déroulés jeudi peu avant 3 heures du matin. Selon un communiqué du parquet, l'un des jeunes, « suspendu à la statue, mimait un acte sexuel en tenant des propos à connotations sexuelle et sexiste » pendant que « son comparse filmait la scène ». Les deux saisonniers, employés dans l'hôtellerie-restauration, ont été identifiés grâce aux vidéos circulant en ligne.
Ils sont poursuivis pour « dégradations graves en réunion de la statue de la Vierge Marie au préjudice de la paroisse et de la mairie de Porto-Vecchio » ainsi que pour « exhibition sexuelle ». Placés sous contrôle judiciaire, ils doivent « s'abstenir de paraître en Corse », ce qui implique un départ immédiat de l'île, a précisé le parquet, reconnaissant que l'affaire « a engendré un très fort retentissement » local.
Une vive émotion en Corse, entre colère et appels au calme
Jeudi, des centaines de personnes ont manifesté sur un rond-point de Porto-Vecchio, où la statue a été vandalisée, ainsi que devant la gendarmerie. Un cercueil en bois a été exhibé, portant les noms des deux mis en cause, rapporte l'Agence France-Presse (AFP).
La classe politique locale a condamné unanimement ces actes, sur une île où le catholicisme est pratiqué avec ferveur. Le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, a tweeté : « Si j'étais l'auteur de cette profanation, je me questionnerais sur les raisons de ma présence en Corse. En ne respectant pas les valeurs et traditions de notre île, il n'est plus le bienvenu chez nous. »
De son côté, le maire de Bastia, Gilles Simeoni, tout en reconnaissant la « stupéfaction », l'« émotion » et la « colère » dans toute la Corse, a appelé à « rejeter la tentation des surenchères et de la démagogie », rappelant qu'il revenait à la justice pénale « de sanctionner les auteurs des faits, au terme d'un procès équitable ».
Des voix s'élèvent contre la surenchère
Le journaliste Paul-Mathieu Santucci a regretté, sur Facebook, une « surenchère » lors des manifestations. « Il y avait une Vierge à terre. Il fallait la relever. Certains ont préféré apporter un cercueil », a-t-il écrit, ajoutant que ce cercueil « dit que puisque l'autre a franchi une ligne, nous pouvons franchir la suivante ».
Cette affaire, qui a ému bien au-delà de la Corse, pose la question du respect des symboles religieux et de la mesure dans l'expression de la colère citoyenne. En attendant le procès du 16 novembre, les deux jeunes hommes devront quitter l'île, tandis que la statue vandalisée reste au cœur des préoccupations des habitants de Porto-Vecchio.
FAQ : Questions fréquentes sur l'affaire de la statue profanée en Corse
Quels sont les chefs d'accusation retenus contre les deux jeunes ?
Les deux saisonniers sont poursuivis pour « dégradations graves en réunion de la statue de la Vierge Marie au préjudice de la paroisse et de la mairie de Porto-Vecchio » et pour « exhibition sexuelle ».
Quand auront-ils leur procès ?
Le procès est prévu le 16 novembre 2026 devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio.
Pourquoi ont-ils été obligés de quitter la Corse ?
Dans le cadre de leur contrôle judiciaire, les deux prévenus doivent s'abstenir de paraître en Corse, ce qui implique un départ immédiat de l'île, en raison du fort retentissement local de l'affaire.