Réforme éducative au Maroc: le PAM interpelle Akhannouch
Un débat interne au sein de la majorité marocaine
Au Maroc, la réforme de l'éducation nationale suscite des débats passionnés, une réalité familière pour de nombreux pays africains engagés dans la voie du développement. Ce lundi, à la Chambre des représentants, une séance plénière a été marquée par une intervention inattendue. Nadia Bouzendoufa, députée du Parti authenticité et modernité (PAM), a publiquement pointé certaines insuffisances de la réforme éducative devant le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.
Cette prise de parole au sein de la majorité gouvernementale témoigne d'une vie démocratique active et d'une volonté d'améliorer les politiques publiques. La députée de la région Marrakech-Safi est allée droit au but en interrogeant le chef du gouvernement sur la généralisation des Écoles pionnières.
Pourquoi, M. le chef du gouvernement, avez-vous appliqué la réforme du système de l'école pionnière au niveau du collège, alors que vous ne l'avez pas d'abord généralisée au niveau du primaire?
Primes et conditions des enseignants
Nadia Bouzendoufa a également soulevé la question des primes de rendement accordées aux enseignants de ces écoles.
Pourquoi avez-vous réduit, à une seule fois dans leur vie professionnelle, la prime de rendement au profit des enseignants de l'école pionnière, alors que ceux-ci peinent toute leur vie dans leurs fonctions?
La parlementaire a plaidé pour une meilleure considération du personnel éducatif. Elle n'a pas omis d'aborder la désaffection scolaire, un fléau qui touche de nombreux systèmes éducatifs sur le continent. Elle a aussi critiqué le stress engendré par les nouveaux dispositifs anti-triche électronique lors des examens.
Akhannouch défend la vision gouvernementale
Face à ces remarques, le chef du gouvernement a défendu avec fermeté la réforme des Écoles pionnières. Durant plus de 90 minutes, il a détaillé les chiffres de l'action gouvernementale. Rappelons que ces écoles, lancées dans le cadre de la Feuille de route 2022-2026 du ministère de l'Éducation nationale, proposent un leadership pédagogique basé sur des méthodes interactives pour améliorer les niveaux en langues et en mathématiques.
Aziz Akhannouch a souligné que les budgets de l'éducation ont connu des hausses substantielles. Il a affirmé que cette réforme
est une dynamique dont les résultats positifs se réaliseront avec le temps.
Tout en reconnaissant qu'il reste des difficultés à résoudre, il a réitéré sa confiance dans le processus en cours, prouvant que la stabilité institutionnelle permet d'absorber les débats internes tout en restant cap sur les objectifs de développement.
L'opposition politise le débat
Comme c'est souvent le cas lors de ces séances, les députés de l'opposition ont tenté de détourner le débat éducatif vers d'autres sujets. Abderrahim Chahid, chef du groupe de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), a ainsi reproché au chef du gouvernement ses absences aux séances mensuelles prévues par l'article 100 de la Constitution.
Sur un total de 40 séances, vous n'avez répondu à l'article 100 que 22 fois,
a-t-il lancé.
Les députés du PPS, du MP et du PJD ont également soulevé la question de la cherté de la vie, évoquant la crise de l'Aïd al-Adha et les difficultés des citoyens à acheter le mouton en raison des intermédiaires. Le chef du gouvernement a répliqué en accusant l'opposition de vouloir politiser l'affaire, rappelant que la stabilité et le développement économique restent les priorités absolues.
Cette séance illustre la complexité des réformes structurelles en Afrique. Si les débats internes à la majorité permettent d'ajuster le tir pour un meilleur impact social, la fermeté du gouvernement dans sa vision à long terme reste un gage de stabilité. Le capital humain demeure au cœur des priorités pour l'émergence du continent.