Les États-Unis poursuivent leur déploiement militaire massif au Moyen-Orient, malgré une apparente détente avec l'Iran. Selon le Wall Street Journal, Washington s'apprête à envoyer jusqu'à 10 000 soldats supplémentaires et un troisième porte-avions dans la région, une stratégie qui pourrait toutefois fragiliser la position américaine sur d'autres fronts.
Un renforcement sans précédent depuis avril
Ce nouveau déploiement s'ajoute à l'envoi récent de deux batteries de missiles antimissiles Patriot, destinées à protéger les installations pétrolières et gazières en Arabie saoudite et au Qatar, comme le rapporte le média Axios. Le porte-avions USS « Theodore Roosevelt », qui a quitté San Diego le 27 septembre, pourrait rejoindre la zone d'ici fin novembre, portant à trois le nombre de porte-avions américains opérant au Moyen-Orient.
Cette concentration militaire serait la plus importante depuis avril dernier, même si l'on ignore encore si le « Theodore Roosevelt » viendra renforcer ou remplacer l'un des deux autres navires déjà déployés.
Rassurer les alliés, protéger les infrastructures
Pour le spécialiste en politique américaine Luc Laliberté, cette démonstration de force vise avant tout à rassurer les alliés de Washington dans la région. « Le fait est que pour des alliés américains qui sont finalement sur la ligne de feu quand il y a des réponses iraniennes à des attaques ou à des manœuvres américaines, c'est important bien sûr de rassurer les alliés, de protéger ce qu'ils craignent, c'est-à-dire les installations pétrolières et gazières », explique-t-il.
Une vulnérabilité américaine ailleurs ?
Mais cette concentration de moyens soulève des questions. « À un certain moment, il y aura trois porte-avions, ce qui nous rend plus vulnérables ailleurs. Et on sait que la réserve de missiles, elle inquiète aux États-Unis. Et ce qu'on déplace pour lutter contre l'Iran ou pour se défendre, se protéger contre l'Iran, c'est peut-être une vulnérabilité éventuelle également ailleurs qu'on provoque », souligne l'analyste.
Pas d'offensive avant les élections de mi-mandat
Malgré ces déploiements, une action militaire américaine directe contre l'Iran semble peu probable à court terme. « En tout cas pas avant les élections de mi-mandat. C'est un sujet, la guerre en Iran, puis ses retombées, c'est impopulaire dans les sondages, les républicains pourraient payer le prix si on revenait à la charge ou si encore il y avait des retombées comme d'autres hausses d'essence ou d'autres hausses du prix du diesel », soutient Luc Laliberté.
Cette escalade militaire intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz, où un navire-citerne a récemment été attaqué par un « projectile non identifié », et alors que le G7 a débloqué 100 millions de barils de pétrole pour stabiliser les marchés.