Énergie : le piège d'Hydro-Québec, leçon pour l'Afrique
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la société d'État canadienne Hydro-Québec ont bondi pour atteindre 1,47 million de tonnes de CO en 2025. Cette explosion s'explique par un choix stratégique : exporter l'électricité verte vers les États-Unis et importer de l'énergie fossile pour la consommation locale. Ce paradoxe nord-américain offre une leçon de souveraineté énergétique pour les nations africaines, particulièrement pour la Côte d'Ivoire, acteur majeur du secteur en Afrique de l'Ouest.
Pourquoi les émissions de gaz à effet de serre ont-elles explosé au Québec ?
En 2025, la production d'électricité distribuée par Hydro-Québec a généré près de 1,5 million de tonnes de CO. C'est trois fois plus qu'en 2024, où les émissions s'élevaient à 448 000 tonnes, et treize fois plus qu'en 2023 avec 112 000 tonnes. La société d'État canadienne est ainsi devenue l'un des plus grands pollueurs de la province, dépassant même la cimenterie McInnis, qui émet 1,3 million de tonnes.
Cette hausse fulgurante découle d'une forte augmentation des importations d'électricité. En 2025, le Québec est devenu un importateur net pour la première fois de son histoire, important 15 térawattheures (TWh) et n'en exportant que 12. Cette énergie importée provient principalement du Nord-Est des États-Unis, où les centrales fonctionnent au gaz naturel. De plus, plus de 1,6 % de l'électricité consommée au Québec provenait de centrales nucléaires en 2025, contre seulement 0,05 % en 2023.
Le paradoxe du cordonnier mal chaussé
Jean-Pierre Finet, analyste au Regroupement des organismes environnementaux en énergie, dénonce une situation absurde.