Gel des pensions en France : jusqu'à 500 euros de perte annuelle pour les retraités aisés
Le projet de gel des pensions de retraite envisagé par le gouvernement français pour le budget 2027 pourrait coûter entre 400 et 500 euros par an aux retraités les plus aisés. C'est ce que révèle l'économiste Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une interview accordée à RTL.
Cette mesure, évoquée par le ministre de l'Économie Roland Lescure dans un entretien avec Libération, viserait à geler la revalorisation des pensions supérieures à 3.000 euros bruts mensuels. L'objectif : réaliser des économies substantielles sur les finances publiques françaises, alors que le déficit dépasse légèrement les 5%.
Quel impact pour les retraités concernés ?
Selon les calculs de l'économiste, le manque à gagner serait d'environ 60 euros par mois pour une pension de 3.000 euros, et pourrait atteindre 100 euros mensuels pour les pensions de 5.000 euros. Une perte de pouvoir d'achat jugée « pas négligeable » par Mathieu Plane, qui précise que les retraités français touchant actuellement une pension moyenne de 1.600 euros bruts devraient voir leur versement passer à 1.632 euros bruts l'année prochaine si l'inflation atteint 2%.
En France, près de 1,4 million de retraités, soit environ 8% des 17 millions de pensionnés, perçoivent une retraite brute supérieure à 3.000 euros mensuels selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).
Plus d'un milliard d'euros d'économies pour l'État français
La désindexation des retraites les plus élevées de l'inflation pourrait permettre à l'État français d'économiser des centaines de millions d'euros, voire plus d'un milliard. « On parle de 750 millions d'euros pour 1% d'inflation. Si on est à 2%, on est à plus d'1 milliard d'économies », souligne Mathieu Plane.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte budgétaire tendu pour la France, où les dépenses de retraites et de santé représentent la moitié des dépenses publiques. Le gouvernement de Sébastien Lecornu devra toutefois faire face à une Assemblée nationale éclatée, et pourrait être contraint de recourir au 49.3 pour faire adopter la loi de finances, au risque d'une motion de censure.
Quelles conséquences pour l'économie française ?
Alors que l'inflation devrait s'établir entre 1,8% et 2,5% en 2026 selon les projections de l'OFCE et de la Banque de France, ce gel des pensions s'annonce comme l'un des arbitrages clés du prochain budget français. Les regards restent tournés vers l'élection présidentielle de 2027, qui s'annonce décisive pour l'avenir du système de retraites français.
Cette décision, si elle est confirmée, s'inscrit dans une tendance plus large de maîtrise des dépenses publiques observée dans plusieurs pays européens, alors que les économies du continent cherchent à assainir leurs finances tout en préservant la croissance.