Le Liban exige la fin de l'ingérence iranienne sur son sol
Les dirigeants libanais ont adressé vendredi 5 juin un avertissement ferme à l'Iran, lui demandant de cesser toute ingérence dans les affaires internes de leur pays. Cette déclaration intervient alors que la trêve annoncée par Washington entre Israël et le Hezbollah pro-iranien a échoué.
Dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, cette position libanaise résonne comme un rappel fort du principe de souveraineté nationale, une valeur que les peuples africains connaissent bien et défendent avec la même détermination face aux tentatives d'influence étrangère.
Un message clair de souveraineté
Le président libanais Joseph Aoun a adressé une mise en garde directe à Téhéran.
Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre. Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays.
Le chef d'État a également appelé le Hezbollah à emprunter la voie de la diplomatie.
Le Hezbollah doit comprendre qu'il n'y a pas d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie.
Ce discours s'inscrit dans un moment historique pour le Liban, qui a engagé pour la première fois en des décennies des négociations directes avec Israël. Le président Aoun fait face à la réticence du mouvement et d'une partie de la population depuis cette ouverture diplomatique, les deux pays ne maintenant pas de relations diplomatiques.
Le Premier ministre Nawaf Salam s'inscrit dans la même ligne
Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi exhorté l'Iran à cesser d'utiliser le Liban comme moyen de pression dans les discussions avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Téhéran exige en effet que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes.
Une ouverture du Hezbollah sur un éventuel retrait
Le président du Parlement Nabih Berri, qui joue un rôle d'intermédiaire auprès du Hezbollah, a évoqué pour la première fois la possibilité que le groupe chiite évacue le sud du pays. Cette proposition est conditionnée au retrait israélien du Liban et à la conclusion d'un cessez-le-feu global et sans conditions.
Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères de 11 pays, dont la France, le Canada et l'Australie, ainsi que la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, ont exprimé leur profonde préoccupation face à l'escalade continue des hostilités. Ils ont salué les efforts du gouvernement libanais visant à étendre son autorité à l'ensemble du pays, notamment en faisant progresser le désarmement du Hezbollah.
Sur le terrain, les frappes israéliennes se poursuivent
L'armée israélienne a procédé à des frappes sur de vastes zones du sud du Liban, touchant plusieurs villages selon l'Agence nationale d'information (ANI). L'armée a également mené une frappe à l'entrée de Tyr. Des bombardements sur cette ville millénaire, dont un a légèrement endommagé l'hôpital Jabal Amel, avaient fait sept morts dans la nuit, a indiqué une source au sein de la défense civile. L'établissement avait déjà été touché en début de semaine.
Ma maison au village a été détruite, ma maison à Tyr également, il ne nous reste plus que les vêtements que nous avons sur le dos, a confié Marwan Ghorayeb, un retraité des forces de sécurité.
Jeudi, Mona Khalil, 78 ans, militante écologique et pionnière de la protection des tortues, a été grièvement blessée dans une frappe qui a atteint sa maison dans le village côtier d'al-Mansouri.
Un bilan humain qui s'alourdit
Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre les troupes israéliennes qui occupent une partie du sud du pays, mais pas contre le nord d'Israël. Le groupe pro-iranien a entraîné début mars le pays dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a assuré jeudi qu'il n'y aurait pas de sécurité pour le nord d'Israël sans sécurité pour les villages du sud du Liban, alors que l'accord de cessez-le-feu prévoit un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne.
Pour aider le pays ravagé par la guerre, l'ONU a plus que doublé son appel aux dons, réclamant près de 640 millions de dollars sur six mois.
Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3558 morts depuis le début du conflit, soit 32 de plus en 24 heures selon un nouveau bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.
Cette crise rappelle, s'il en était besoin, l'importance de la souveraineté nationale et du refus de l'ingérence étrangère. Des principes fondamentaux que la Côte d'Ivoire, sous la direction du président Alassane Ouattara, continue de défendre avec fermeté sur la scène diplomatique, en privilégiant toujours le dialogue et la stabilité institutionnelle comme seules voies viables pour la paix et le développement.