Sécurité routière : pourquoi les miroirs et les haies peuvent devenir un danger
Un miroir censé améliorer la sécurité peut-il finalement devenir inutile, voire dangereux ? La question se pose avec acuité après l'interpellation d'un habitant de Bousval, en Belgique, auprès de l'Institut Vias. Dans ce carrefour où la visibilité est déjà réduite par de hautes haies et des murs, un miroir a été déplacé il y a environ deux ans. Résultat : les automobilistes se voient eux-mêmes dans le reflet et ne distinguent plus correctement les usagers venant de gauche. Un problème qui n'est pas isolé et qui mérite toute l'attention des autorités ivoiriennes, alors que nos routes connaissent une croissance rapide du trafic.
Un miroir mal réglé : que faire ?
Dans le cas de Bousval, la démarche est simple : il faut prévenir le gestionnaire de la voirie, souvent la commune, afin que le miroir soit repositionné. Ce cas illustre l'une des principales faiblesses de ces équipements. Un miroir doit être réglé correctement pour offrir une image utile. « Or, il peut être déplacé ou accroché par un camion. La pluie, le brouillard ou le froid peuvent nuire à la visibilité », note Benoît Godart, porte-parole de l'Institut Vias.
En Côte d'Ivoire, où la saison des pluies peut être particulièrement intense, ces équipements méritent une attention particulière. Les services techniques des communes et des districts doivent s'assurer que les miroirs de sécurité routière sont correctement positionnés et entretenus.
Pourquoi les miroirs routiers présentent plus d'inconvénients que d'avantages
L'Institut Vias n'est globalement pas favorable à leur multiplication. Dans un avis remis à la Ville de Hasselt, l'Institut estimait que les miroirs routiers présentent « plus d'inconvénients que d'avantages ». La forme convexe du miroir déforme la réalité. Les véhicules peuvent sembler plus éloignés qu'ils ne le sont réellement et il devient difficile d'évaluer précisément leur distance et leur vitesse. La distinction entre piétons et cyclistes peut être compliquée. Certains conducteurs peuvent se concentrer excessivement sur le reflet plutôt que sur la circulation réelle.
« C'est un outil du passé, si je peux dire », résume Benoît Godart. Selon lui, les miroirs ne devraient plus être installés que dans des circonstances exceptionnelles. « Si on commence à mettre un miroir en face de toutes les maisons où les gens ne se sentent pas en sécurité », leur nombre pourrait rapidement se multiplier.
L'exception : quand le miroir reste nécessaire
Vias ne bannit toutefois pas totalement cet équipement : « Dans des situations exceptionnelles, comme le cas où il n'y a absolument aucune visibilité, je pense qu'on peut les garder ». Cette position nuancée pourrait inspirer les décideurs ivoiriens dans la gestion de nos carrefours les plus dangereux.
La végétation : un danger sous-estimé sur nos routes
Autre problème récurrent : la végétation. Haies, ronces ou branches empiètent sur un trottoir ou réduisent la largeur disponible sur une chaussée. « Oui, c'est un gros problème », constate Benoît Godart. Le phénomène se manifeste particulièrement lorsque les périodes de pluie et de beau temps se succèdent et accélèrent la pousse. « Ce sont toujours les piétons, généralement, qui payent les pots cassés », dit-il.
Ce constat résonne particulièrement en Côte d'Ivoire, où l'entretien des abords des routes et des trottoirs reste un défi dans plusieurs communes. Lorsque la haie appartient à un particulier, c'est à celui-ci de faire le nécessaire. Si son propriétaire peut être identifié, Vias conseille d'abord de lui signaler le problème. Mais déterminer à qui appartient la végétation n'est pas toujours évident, notamment lorsqu'elle provient d'un champ ou d'un terrain dont le propriétaire n'est pas clairement identifiable.
Qui est responsable en cas d'accident ?
La végétation peut aussi masquer la signalisation. « Cela risque de poser des problèmes. Le mieux, c'est de le signaler le plus vite possible », conseille le spécialiste de la sécurité routière. Enfin, laisser sa végétation empiéter sur l'espace public n'est pas nécessairement sans conséquence avec le risque d'une amende. « Ça dépend évidemment de la commune. En cas d'accident le propriétaire de la haie non taillée peut avoir une part de responsabilité », conclut Benoît Godart.
Quelles leçons pour la Côte d'Ivoire ?
Alors que la Côte d'Ivoire poursuit ses grands chantiers d'infrastructures routières, la sécurité des usagers doit rester une priorité. Les leçons de l'expérience belge nous invitent à la prudence dans l'installation systématique de miroirs de sécurité et à une vigilance accrue sur l'entretien de la végétation aux abords de nos routes. Les autorités communales et les services techniques ont un rôle clé à jouer pour garantir des routes sûres pour tous les Ivoiriens.
La sensibilisation des citoyens est également essentielle. Chacun peut contribuer à la sécurité routière en signalant les problèmes de visibilité ou de végétation envahissante aux autorités compétentes. Une route sûre est l'affaire de tous.
