Affaire Jubillar : aveux chocs et ossements retrouvés, le procès s’annonce explosif
L’affaire Jubillar, qui défraie la chronique judiciaire française depuis plus de cinq ans, connaît un tournant décisif. Cédric Jubillar, condamné en première instance à 30 ans de réclusion pour le meurtre de son épouse Delphine, a avoué les faits et conduit les enquêteurs à l’endroit où il avait enterré le corps. Des ossements ont été retrouvés près d’Albi, et les analyses doivent confirmer s’il s’agit bien des restes de l’infirmière disparue en décembre 2020.
Que s’est-il passé exactement dans l’affaire Jubillar ?
Ce jeudi 16 juillet, Cédric Jubillar, 38 ans, a été extrait de sa prison de Seysses et conduit au palais de justice de Toulouse. Devant la présidente de la cour d’assises, il a reconnu avoir tué son épouse Delphine, née Aussaguel, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Il a ensuite indiqué aux gendarmes l’endroit précis où il avait déposé le corps, à une douzaine de kilomètres d’Albi. Des ossements, dont deux fémurs selon un avocat des parties civiles, y ont été découverts et doivent être analysés par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise.
« Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l’endroit où il avait déposé le corps », a confirmé à l’AFP le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet.
Pourquoi les aveux de Cédric Jubillar sont-ils si importants ?
Pendant plus de cinq ans, Cédric Jubillar a clamé son innocence. Il a été condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion par la cour d’assises du Tarn, sur la base d’un faisceau d’indices concordants, mais sans corps, ni aveux, ni preuve formelle. Le 6 juillet dernier, ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa « responsabilité » dans la mort de Delphine. Mercredi, il a officiellement avoué devant la justice.
« Il reconnaît avoir commis un acte abominable et exprime des regrets très forts », a déclaré à BFMTV son avocat, Pierre Debuisson. Ce dernier a également promis des révélations fracassantes : « Si l’enquête avait été un peu mieux faite au bout de 48 heures, on aurait trouvé des éléments qui auraient permis d’attribuer la mort de Delphine à Cédric Jubillar. Quand ces informations seront révélées au moment du procès, vous comprendrez que les enquêteurs sont passés à côté de choses assez énormes. »
Quel impact sur le procès en appel prévu en septembre ?
Le procès en appel de Cédric Jubillar est programmé pour débuter le 21 septembre devant la cour d’assises de Haute-Garonne, à Toulouse. Mais sa tenue semble désormais incertaine. Les avocats de la défense jugent « impossible » que le procès se tienne comme prévu, un avis partagé par l’avocat des enfants. Les nouvelles révélations et les analyses des ossements pourraient entraîner un report.
Pour Laurent Boguet, avocat des enfants, la découverte du corps est un « soulagement ». Elle permettra une sépulture, un deuil et apportera des réponses aux deux enfants du couple, en particulier à Louis, le fils aîné, qui avait 6 ans au moment de la disparition de sa mère. Cédric Jubillar s’est vu retirer en décembre l’autorité parentale sur ses deux enfants, confiés à leur tante maternelle.
Que reproche-t-on exactement à Cédric Jubillar ?
Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, avait disparu mystérieusement du domicile conjugal à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s’apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme. Durant l’été 2025, une ex-compagne de Cédric Jubillar avait rapporté aux enquêteurs une confidence : il lui aurait dit avoir étranglé son épouse, avant de transporter, puis de brûler le corps. La défense, elle, conteste la notion de meurtre et plaide pour des coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Un haut gradé de la gendarmerie, sous couvert d’anonymat, estime que « le changement de ligne de défense de Cédric Jubillar, c’est la confirmation que les enquêteurs étaient dans le vrai et que l’instruction a été bien menée, contrairement à ce que disaient les avocats de Cédric Jubillar ». Il ajoute : « On imagine qu’il y a une stratégie derrière en vue du procès. »
L’affaire Jubillar, suivie de près par les médias français et internationaux, continue de susciter de nombreuses questions. Les prochaines semaines seront décisives pour faire toute la lumière sur ce drame qui a bouleversé une famille et une communauté.