Sécurité maritime : la Côte d’Ivoire face aux défis des comportements à risque en mer
Chaque été, la mer devient un terrain de jeu pour les vacanciers, mais aussi un espace de tensions entre plaisanciers et baigneurs. En France, les gendarmes des mers multiplient les contrôles face aux excès de vitesse, à la consommation d’alcool et de stupéfiants sur les bateaux. Ce phénomène, bien que lointain, interpelle la Côte d’Ivoire, où le tourisme balnéaire et les activités nautiques connaissent un essor rapide. À Abidjan, sur les plages d’Assinie ou de Grand-Bassam, la cohabitation entre usagers de la mer devient un enjeu de sécurité publique.
Des contrôles renforcés pour protéger les baigneurs
Dans le Var, en France, les gendarmes interviennent régulièrement dans les zones de baignade pour verbaliser les plaisanciers imprudents. L’adjudant David Autier explique : « Un bateau à moteur stationné au milieu des nageurs, c’est un danger. » Les forces de l’ordre traquent les excès de vitesse et les infractions liées à la navigation, mais leurs moyens restent limités. En Côte d’Ivoire, la marine nationale et les gardes-côtes effectuent aussi des patrouilles, surtout en haute saison touristique. Cependant, les moyens techniques et humains sont encore insuffisants pour couvrir l’ensemble du littoral.
Vers des sanctions similaires à celles de la route ?
En France, un amendement récent adopté par l’Assemblée nationale autorise désormais les contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants en mer. Cette avancée législative fait suite au drame de Benjamin Mano, un enfant de 8 ans tué par un bateau dont le conducteur était sous l’emprise de stupéfiants. Son père, Cédric Mano, milite pour que les délinquants des mers soient punis comme ceux de la route. « Il y a un sentiment d’impunité chez les navigateurs », déplore-t-il. En Côte d’Ivoire, le code maritime prévoit des sanctions pour les infractions en mer, mais leur application reste aléatoire. Les autorités ivoiriennes pourraient s’inspirer de cette évolution pour renforcer la législation locale.
Des technologies pour prévenir les accidents
Pour limiter les risques, certaines écoles de jet-ski investissent dans des systèmes de géolocalisation. Yoan Soyer, moniteur à Jet007, explique : « Des balises GPS connectées aux jets permettent de ralentir l’engin s’il s’approche trop des zones de baignade ou de la côte. » Ces innovations pourraient être déployées en Côte d’Ivoire, où le nombre de locations de jet-skis et de bateaux de plaisance augmente chaque année. Les professionnels du tourisme appellent à une meilleure régulation pour éviter les accidents.
Quels risques pour les baigneurs ivoiriens ?
Sur les plages du Lavandou, des baigneurs témoignent de leur inquiétude face à la proximité des engins nautiques. « Les bateaux qui tracent ou les jets skis, il faut faire attention », confie une vacancière. En Côte d’Ivoire, les mêmes craintes existent. Les zones de baignade ne sont pas toujours bien délimitées, et les usagers ignorent souvent la réglementation. Les autorités locales, comme le ministère du Tourisme et des Transports, travaillent à la mise en place de chartes de bonne conduite en mer.
FAQ : Questions fréquentes sur la sécurité maritime en Côte d’Ivoire
Quelles sont les règles de navigation en Côte d’Ivoire ?
Les règles sont définies par le code maritime ivoirien, qui interdit la navigation à moins de 300 mètres des plages pour les engins motorisés. Les excès de vitesse et la consommation d’alcool ou de stupéfiants sont sanctionnés, mais les contrôles restent rares.
Les autorités ivoiriennes envisagent-elles des contrôles d’alcoolémie en mer ?
Pour l’instant, aucun projet de loi spécifique n’est en discussion. Cependant, face à la hausse des activités nautiques, des experts recommandent d’aligner la réglementation maritime sur celle de la route.
Que faire en cas d’accident en mer en Côte d’Ivoire ?
Il faut contacter les gardes-côtes ou la marine nationale via le numéro d’urgence maritime (le 170). Les victimes peuvent aussi saisir le tribunal maritime d’Abidjan.
Photo : Franceinfo