Une association française d'aide à l'Ukraine confrontée aux blocages bancaires
L'association Solidarité Adour Pyrénées Ukraine Kirovograd (SAPUK) vient de faire face à une situation préoccupante qui illustre les défis rencontrés par les organisations humanitaires dans le contexte géopolitique actuel. Après avoir organisé avec succès huit convois d'aide vers l'Ukraine depuis le début du conflit, l'association se heurte désormais aux réticences du système bancaire français.
Un huitième convoi livré malgré les obstacles
En fin d'année 2025, l'association a réussi à acheminer un convoi particulièrement important vers Kirovograd. Le chargement comprenait des filets de protection contre les drones, du matériel médical, des lits médicalisés et des échographes donnés par les hôpitaux de Lourdes et Tarbes. Ce matériel, arrivé à destination le 5 janvier après treize jours de voyage, a été réparti selon les besoins locaux, notamment à Dnipro pour la lutte contre les drones.
"Sur le compte, nous avions 10 690 euros de dons qui ont permis de payer deux voyages", explique Abel Caubios, président de SAPUK. Cependant, au moment de régler l'entreprise ukrainienne chargée du transport, les virements Western Union ont été systématiquement bloqués, malgré la régularité administrative de la société partenaire.
Fermeture des comptes bancaires
La situation s'est aggravée le 29 janvier 2026, lorsque l'association a reçu un courrier recommandé annonçant la clôture pure et simple de ses comptes bancaires, avec un délai de deux mois pour prendre les mesures nécessaires. Cette décision intervient alors que l'association témoigne régulièrement de la destination de ses fonds et de l'utilisation du matériel acheminé.
"On nous dit qu'il faut aider l'Ukraine, mais on voit bien que les banques sont frileuses", déplore Abel Caubios, qui a dû s'appuyer sur des tiers pour réaliser les virements et régler ce convoi d'un peu plus de 4 000 euros. Ses tentatives de domiciliation auprès d'autres établissements bancaires se heurtent à la même réticence.
Mobilisation solidaire maintenue
Malgré ces difficultés administratives, l'association maintient son engagement. Une soirée de solidarité est organisée le 14 février à Montaner, avec l'exposition de photographies de guerre de Jérôme Barboza et un repas ukrainien préparé par des membres du groupe "Volia", composé de réfugiées ukrainiennes.
Cette situation soulève des questions importantes sur l'accompagnement des initiatives humanitaires privées dans un contexte géopolitique complexe, où la solidarité internationale se heurte parfois aux contraintes du système financier.