Angèle dans le viseur du fisc français : l'appartement parisien au cœur du débat
La chanteuse belge Angèle se trouve actuellement confrontée à une procédure de l'administration fiscale française qui examine de près sa situation de résidence fiscale. Cette affaire soulève des questions importantes sur la fiscalité des artistes internationaux évoluant entre plusieurs pays.
Un appartement parisien sous surveillance
L'administration française s'intéresse particulièrement à l'appartement parisien de l'artiste, situé dans le XVIIIe arrondissement de la capitale, ainsi qu'à sa société Saïmiri, domiciliée en Belgique. Selon les autorités fiscales françaises, la chanteuse pourrait avoir dissimulé une partie de ses revenus, alors qu'elle affirme payer ses impôts en Belgique, son pays d'origine.
Le déclencheur de cette enquête remonte à une interview accordée au magazine Vogue en 2023, où la jeune femme de 30 ans déclarait vivre "la moitié de l'année" à Paris. Ces déclarations ont éveillé les soupçons de l'administration fiscale, qui cherche à déterminer si l'artiste ne devrait pas être considérée comme résidente fiscale française.
Les enjeux de la résidence fiscale
En droit fiscal français, le fait de résider plus de six mois par an sur le territoire entraîne une imposition sur l'ensemble des revenus mondiaux. Cette règle explique l'attention particulière portée aux habitudes de vie d'Angèle.
Le 19 mars 2025, les agents du fisc ont visité le logement parisien de l'artiste. L'administration française s'est appuyée sur les factures de gaz et d'électricité de cet appartement, estimant que sur deux ans, ces dernières correspondraient à une consommation régulière, équivalente à plusieurs autres logements environnants occupés.
La défense de l'artiste
Me Sébastien Watelet, avocat de l'artiste, explique qu'"il s'agit d'une question d'interprétation entre les deux pays pour savoir si sa cliente est résidente fiscale en France ou en Belgique où elle paye actuellement ses impôts. Elle est prise entre deux feux alors même que sa vie sociale et économique n'est pas à Paris mais bien à Bruxelles".
Dans un communiqué publié par son agence de relations publiques, Angèle affirme que sa société Saïmiri SRL paye ses impôts en Belgique. Le document précise qu'"à aucun moment, il ne peut être soutenu" qu'Angèle et sa société "auraient dissimulé des revenus ou éludé l'impôt".
Un phénomène plus large
Cette affaire s'inscrit dans une démarche plus large de l'administration fiscale française, qui cible particulièrement les artistes belges reconnus sur le marché français. Cette stratégie témoigne de la volonté des autorités de s'assurer que tous les contribuables, y compris les personnalités publiques, respectent leurs obligations fiscales.
L'issue de cette procédure pourrait créer un précédent important pour d'autres artistes internationaux évoluant entre plusieurs pays, particulièrement dans l'espace francophone où les collaborations artistiques transfrontalières sont fréquentes.