Bourses européennes en hausse modérée, tensions irano-américaines au cœur des préoccupations
Les places financières européennes affichent une légère progression ce mardi, 90 minutes après l'ouverture des marchés. Le CAC 40 est quasi stable à 8 343,55 points (+0,04 %), tandis que Londres, Francfort et Amsterdam gagnent respectivement 0,05 %, 0,15 % et 0,11 %. Mais derrière cette apparente sérénité, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de peser lourdement sur les marchés mondiaux.
Des frappes américaines contre l'Iran se poursuivent
L'armée américaine a annoncé avoir mené une dixième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, ciblant des centres de commandement militaire et des installations maritimes de la République islamique. En réponse, l'armée idéologique iranienne a indiqué avoir arrêté deux pétroliers accusés de non-conformité dans le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole. Des explosions et incendies ont été signalés à bord. Par ailleurs, les gardiens de la révolution iraniens ont visé des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, selon l'agence Irna.
Le pétrole en baisse malgré les tensions
Malgré ce regain de tensions, les cours du pétrole évoluent à la baisse. Le Brent cède 0,71 % à 88,18 dollars, tandis que le WTI perd 1,83 % à 81,62 dollars. Une situation qui interroge les analystes, mais qui s'explique en partie par les anticipations d'une offre abondante.
Des entreprises africaines et européennes en vedette
Dans l'actualité des sociétés, Maurel & Prom, un producteur d'hydrocarbures présent en Afrique, enregistre l'une des plus fortes progressions du SBF 120 (+2,4 %). Son chiffre d'affaires semestriel a bondi de 27 % à 366 millions de dollars, porté par un prix de vente moyen du pétrole à 103,8 dollars le baril (+53 %). Une performance qui confirme la résilience du secteur énergétique en Afrique.
Eramet et sa filiale gabonaise Eramet Comilog ont signé un protocole d'accord avec le gouvernement gabonais pour le développement de la chaîne de valeur du manganèse. L'objectif est de transformer jusqu'à 700 000 tonnes de minerai par an d'ici fin 2031 au Gabon, un projet qui renforce la coopération industrielle entre la France et l'Afrique centrale.
Novartis (+2,24 %) a publié des revenus de 14,41 milliards de dollars, confirmant ses objectifs annuels. En revanche, Swatch Group, le géant horloger suisse, a vu son titre chuter de 2,11 % après des résultats semestriels décevants, malgré un chiffre d'affaires en hausse de 8,5 %.
La BCE en ligne de mire
Jeudi, les investisseurs attendent la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Selon Romain Aumond, stratégiste chez Natixis Investment Solutions, la BCE devrait laisser ses taux directeurs inchangés en juillet, après la hausse de 25 points de base en juin. Cependant, la reprise des hostilités dans le détroit d'Ormuz pourrait pousser le marché à anticiper deux hausses supplémentaires d'ici la fin de l'année, en raison des pressions inflationnistes.
Quel impact pour la Côte d'Ivoire ?
Si la Côte d'Ivoire n'est pas directement exposée aux fluctuations des marchés européens, ces tensions géopolitiques mondiales ont des répercussions sur le prix des matières premières, notamment le pétrole et le manganèse, deux secteurs clés pour l'économie ivoirienne. Le développement de la chaîne de valeur du manganèse au Gabon, avec Eramet, illustre les opportunités pour l'Afrique de l'Ouest de renforcer sa souveraineté industrielle.
En attendant, les investisseurs ivoiriens suivront de près la décision de la BCE, qui pourrait influencer les taux d'intérêt et les flux de capitaux vers les marchés émergents.