Pierre Arditi et Le père : une émotion qui révèle un lien secret avec Florian Zeller
Le comédien Pierre Arditi fait son grand retour sur les planches du Théâtre Édouard VII à Paris, dans la pièce Le père, écrite par Florian Zeller. Une reprise très attendue, qui succède à Robert Hirsch, créateur du rôle, et à Anthony Hopkins, qui l'a incarné au cinéma. Mais derrière cette nouvelle interprétation se cache une histoire personnelle bouleversante, révélée ce soir dans l'émission C à vous sur France 5.
Invitation de l'émission, Florian Zeller a expliqué pourquoi Pierre Arditi avait fondu en larmes lors de sa première rencontre avec la pièce. Une réaction qui n'avait rien d'anodin, comme l'a souligné Anne-Élisabeth Lemoine, la présentatrice. En effet, le personnage principal de Le père, atteint de la maladie d'Alzheimer, rappelle étrangement Georges Arditi, le père du comédien, décédé en 2012 et lui-même touché par cette maladie.
Un souvenir qui a inspiré Florian Zeller
Florian Zeller a raconté que Pierre Arditi était venu voir Robert Hirsch dans le rôle principal, avec l'intention de le reprendre un jour. Mais après la représentation, le comédien n'était pas venu le rejoindre dans la loge comme prévu. Intrigué, le dramaturge est parti à sa recherche et l'a trouvé dans un couloir, en larmes. « Tu étais dans un état émotionnel très singulier, tu pleurais », a-t-il confié.
Pierre Arditi lui a alors avoué qu'il avait vu son père sur scène. Un moment si fort qu'il a fait promettre à Florian Zeller de ne jamais remonter la pièce sans lui. Une promesse tenue, puisque c'est aujourd'hui Pierre Arditi qui incarne ce rôle bouleversant. « Il y a une vérité qui a jailli, qui avait une histoire, qui avait un arrière-pays, qui m'a, moi, bouleversé », a expliqué le dramaturge.
Florian Zeller a également révélé une coïncidence troublante. Alors qu'il écrivait la pièce, il s'était retrouvé dans une maison de retraite pour accompagner la grand-mère de sa femme. C'est là qu'il a croisé Georges Arditi, le père de Pierre, sans savoir qu'il s'agissait de lui. « Je me suis présenté à lui, parce qu'à ce moment on travaillait ensemble, et j'ai vu qu'il ne savait plus très bien qu'il avait un fils, où il était », a-t-il raconté.
Ce souvenir, mêlé à celui du couloir du théâtre où Pierre Arditi avait cédé à l'émotion, a nourri l'écriture de la pièce. « Le souvenir de ce couloir, de la voix un peu aiguë de cette infirmière et du visage un peu perdu de ton père, ont été les points d'appui de cette écriture », a-t-il conclu, ajoutant qu'il avait capté « quelque chose qui était un fantôme, qui était vraiment derrière le texte ».
Pierre Arditi et la mémoire : une inquiétude personnelle
Dans une autre interview, cette fois sur France Inter dans la nouvelle émission de Nagui, Pierre Arditi a évoqué ses craintes liées à l'âge et à sa mémoire. Victime de plusieurs malaises sur scène, le comédien a confié : « Même si je n'ai pas la maladie d'Alzheimer, ce que j'aimerais ne pas avoir, je vois toute une série de choses de moi ou en moi qui, petit à petit, cessent d'exister. » Une déclaration touchante, qui résonne particulièrement avec le thème de la pièce.
Cette reprise de Le père s'annonce donc comme un moment fort du théâtre parisien, porté par une émotion authentique et une histoire personnelle hors du commun.