Érosion côtière en France : des leçons cruciales pour l'Afrique de l'Ouest
L'érosion côtière qui frappe actuellement les plages françaises de Biscarrosse offre des enseignements précieux pour les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, confrontés aux mêmes défis environnementaux.
Un phénomène d'ampleur internationale
Antoine Deburghgraeve, ingénieur en risques côtiers au BRGM français, décrit un cocktail météorologique désormais familier : "Une houle de 6 à 7 mètres avec une période de 15 secondes, des coefficients de marée assez élevés". Ce type de conditions, récurrent en hiver atlantique, illustre les défis que connaissent également les côtes ivoiriennes et ouest-africaines.
L'expert souligne que l'érosion touche massivement le littoral néo-aquitain, notamment les pourtours du bassin d'Arcachon, le Nord-Médoc et le secteur d'Oléron. Cette situation rappelle les préoccupations croissantes des autorités ivoiriennes face à l'érosion côtière qui menace plusieurs localités du littoral national.
Impact économique considérable
L'exemple de l'hôtel de la Plage à Biscarrosse illustre les enjeux économiques. Alexandre Michel, gérant de l'établissement, a dû annuler cinquante réservations, représentant une perte de 15 000 à 20 000 euros. "Le bâtiment ne sera pas réellement en danger avant 2045 selon les scientifiques", précise-t-il, mais la hausse du niveau océanique accélère le calendrier.
Cette réalité économique résonne particulièrement en Côte d'Ivoire, où le secteur touristique côtier représente un enjeu majeur de développement.
Stratégies d'adaptation coûteuses
Les autorités françaises investissent massivement dans la lutte contre l'érosion. Les opérations de rechargement en sable ont coûté plus de 300 000 euros par an en moyenne entre 2018 et 2025. Chaque année, des dizaines de milliers de mètres cubes de sable sont prélevés pour alimenter les secteurs les plus exposés.
Hélène Larrezet, maire de Biscarrosse, reconnaît les limites de cette approche : "Cette stratégie, validée par l'État, permet de gagner du temps", tout en admettant que "nous devons faire le deuil d'un front de mer immuable".
Vers une approche africaine coordonnée
L'expérience française démontre l'importance d'une approche régionale face à ce défi climatique. Pour l'Afrique de l'Ouest, cette situation souligne la nécessité d'une coopération renforcée entre les pays côtiers, dans l'esprit de l'intégration panafricaine.
Les solutions d'adaptation, comme la renaturation des zones exposées mise en œuvre à Biscarrosse, offrent des pistes intéressantes pour les décideurs africains. L'historien local Jean-Luc Avignon résume la situation : "C'est l'océan qui décide", rappelant que ce phénomène dépasse les frontières nationales.
Cette problématique mondiale nécessite des réponses coordonnées, particulièrement pertinentes dans le contexte de la coopération Sud-Sud et des échanges d'expertise entre la France et ses partenaires africains.