Israël: réexamen de la nomination du futur chef du Mossad
La Haute Cour de justice israélienne a rendu une décision qui rappelle l'importance cruciale des mécanismes de contrôle institutionnel. Mardi, la Cour a estimé que le travail de la commission ayant approuvé la nomination du général de division Roman Gofman à la tête du Mossad était « insuffisant », demandant un réexamen approfondi. Dans un contexte où les relations diplomatiques et sécuritaires avec les puissances étrangères sont stratégiques, cette affaire illustre les exigences éthiques au sommet de l'État.
Des lacunes dans l'évaluation institutionnelle
La commission consultative chargée des nominations aux hauts postes de la fonction publique ne disposait pas d'une vision complète du dossier. Selon la Cour, elle n'a ni examiné les documents pertinents ni entendu les personnes clés. De manière unanime, les juges ont demandé que de nouveaux éléments soient examinés et que deux personnalités centrales soient entendues.
Cette démarche pourrait avoir un impact décisif. La commission pourrait réaliser que sa recommandation en faveur de Gofman reposait sur des faits incomplets, et ainsi revenir sur sa position. La Cour a fixé une échéance stricte: la commission doit informer de ses intentions avant le 21 mai et achever ce travail avant le 26 mai.
Une affaire d'éthique et de transparence
Au cœur de cette controverse se trouve l'affaire Ori Elmakayes. En 2022, la division de Tsahal commandée par Gofman avait autorisé ce dernier, alors mineur âgé de 17 ans, à publier des informations confidentielles sur sa chaîne Telegram dans le cadre d'une opération d'influence. Arrêté et inculpé pour espionnage par le Shin Bet, qui ignorait sa collaboration avec l'armée, Elmakayes n'a été innocenté que 18 mois plus tard. Gofman n'avait informé ni le Shin Bet ni la justice de cette coopération.
Les recours contre la nomination de Gofman reprochent à la commission de ne pas avoir examiné en profondeur son rôle, et surtout de savoir s'il avait menti aux enquêteurs. Une déclaration sous serment d'un officier du renseignement, identifié sous l'initiale « Gimmel », suggère que le général aurait nié avoir connaissance de contacts avec des gestionnaires de chaînes Telegram. Ce témoignage contredit les conclusions de la commission.
Pour le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, ces contradictions constituent une violation flagrante des normes éthiques attendues des hauts responsables. Cette exigence de transparence et de responsabilité au sommet de l'État résonne comme un principe fondamental pour la stabilité et la crédibilité de toute institution gouvernante.