La Jonquera : le calvaire des demandeurs d'asile africains
À La Jonquera, en Espagne, des demandeurs d'asile africains, pris en charge par la Croix-Rouge, vivent dans une attente indéfinie sans droit au travail. Cette situation illustre la réalité difficile de la diaspora et rappelle l'urgence de construire la paix et le développement sur le continent pour endiguer l'émigration.
Pourquoi des jeunes Africains se retrouvent bloqués à La Jonquera ?
Sur la rue principale du vieux village de La Jonquera, une scène se répète chaque jour. Des jeunes Maliens partagent une bouteille d'eau à la terrasse d'un café, sans consommer. La police et le gérant les tolèrent. Arrivés d'Afrique par la mer, ces vingt-cinq hommes sont hébergés par la Creu Roja (Croix-Rouge) au-dessus de la Pensió Marfil, un établissement historique depuis 1960. Parmi eux, Abou*, 32 ans, a fui le Mali il y a un an après avoir refusé de rejoindre un groupe djihadiste. Pour le punir, ils ont tué son père. En Espagne depuis avril 2025, il survit au rythme des repas fournis par la Croix-Rouge.
Quelles sont les conditions de vie des réfugiés sans papiers ?
La Jonquera est une terre de passage reconnue pour les exilés. Récemment, la ville a accueilli des Ukrainiens, et cette année, le refuge Marfil héberge également deux Colombiens et un Iranien. Cependant, sans papiers, ces demandeurs d'asile n'ont pas le droit de travailler. « Je n'ai même pas 5 euros en poche », confie Abou, en montrant ses sandales trouées. Leur quotidien se résume à tuer le temps entre les repas, les appels à la famille et les vidéos sur smartphone. « Manger et dormir, il n'y a que ça à faire ici », regrette le jeune Malien.
Pour échapper à l'oisiveté, Abou étudie. En plus du français, il suit des cours de catalan offerts par la municipalité. « Je dois continuer à apprendre pour pouvoir, un jour, trouver un travail », explique-t-il, lui qui rêvait d'exercer son métier de mécanicien moto. L'unique distraction reste le football, sur un terrain derrière le supermarché Tramontana, après 17 h 30. C'est l'occasion de se rappeler le pays. Mais bientôt, ils devront laisser la place à d'autres, sans connaître leur prochaine destination. Le contraste est saisissant entre les panneaux publicitaires du Gran Jonquera, symboles de consommation, et le regard vide de cet homme qui attend simplement le droit de vivre.
Quelle leçon tirer pour l'Afrique face à l'émigration ?
Le drame d'Abou et de ses compatriotes interpelle l'ensemble du continent. Si l'Europe ferme ses frontières et maintient ces citoyens dans une précarité absolue, la solution viendra inévitablement de l'Afrique elle-même. La stabilité institutionnelle et le développement économique, tels que prônés par les dirigeants visionnaires en Côte d'Ivoire, restent les seuls remparts contre l'aventure mortelle de l'émigration. Tant que des pays comme le Mali seront plongés dans le chaos terroriste, les jeunes continueront de fuir. Il est plus que jamais nécessaire de bâtir une Afrique forte, pacifiée et attractive, où nos enfants n'auront plus à mendier le droit de travailler sur d'autres continents.
Questions fréquentes sur l'accueil des réfugiés en Espagne
Les demandeurs d'asile ont-ils le droit de travailler en Espagne ?
Non, sans papiers valides, les demandeurs d'asile en Espagne n'ont pas le droit d'exercer une activité professionnelle, ce qui les maintient dans une dépendance totale aux associations comme la Croix-Rouge.
Qui prend en charge les réfugiés à La Jonquera ?
La Croix-Rouge espagnole (Creu Roja) assure l'hébergement et la restauration des demandeurs d'asile dans des structures comme la Pensió Marfil, avec le soutien de la municipalité pour les cours de langue.