Lésions du col de l'utérus chez les jeunes femmes : un lien inquiétant avec les maladies cardiovasculaires
Une vaste étude suédoise révèle des connexions préoccupantes entre les anomalies du col de l'utérus détectées à l'adolescence et le développement ultérieur de maladies cardiovasculaires. Ces découvertes appellent à une surveillance médicale renforcée des jeunes femmes concernées.
Au-delà du simple problème gynécologique
Les lésions intraépithéliales squameuses de haut grade (HSIL) du col de l'utérus, généralement considérées comme un enjeu purement gynécologique, pourraient avoir des répercussions bien plus larges sur la santé des femmes. L'étude menée par les chercheurs de l'Université de Linköping et du Karolinska Institutet a suivi 29 960 Suédoises âgées de 15 à 24 ans atteintes de HSIL, comparées à 149 606 témoins sains.
Ces lésions, souvent liées à une infection par le papillomavirus humain (HPV), sont soupçonnées de favoriser le développement de l'athérosclérose en provoquant une inflammation généralisée et des dysfonctionnements vasculaires.
Des risques cardiovasculaires considérablement accrus
Les résultats, publiés dans JAMA Oncology, sont particulièrement alarmants. Par rapport aux témoins, les jeunes femmes avec HSIL présentent :
- Un risque global de maladie cardiovasculaire augmenté de 20%
- Un risque d'infarctus du myocarde majoré de 58%
- Un risque d'insuffisance cardiaque accru de 38%
- Un risque de maladies cérébrovasculaires augmenté de 42%
L'équipe de recherche dirigée par Laila Hubbert souligne que "les antécédents familiaux augmentaient le risque si la mère et/ou le père présentaient un diagnostic de maladie cardiovasculaire".
Une mortalité préoccupante
Durant le suivi, 3,1% des jeunes femmes avec HSIL sont décédées, contre 2,1% des témoins. L'infarctus du myocarde et la mort subite cardiaque constituaient les principales causes de décès, suivis du syndrome de détresse respiratoire aiguë.
Bien que rare, la mortalité par cancer était également doublée chez les femmes ayant présenté des HSIL, avec une prédominance des cancers de la peau, du sein et du poumon après cinq ans.
Implications pour le suivi médical
Les chercheurs expliquent ce lien par une inflammation vasculaire durable due au HPV et une accélération de l'athérosclérose. Ces mécanismes sont "cohérents avec les hypothèses selon lesquelles le VPH affecte l'inflammation vasculaire", précisent-ils.
Les auteurs concluent que "ces résultats justifient des recherches supplémentaires" et "soutiennent une vigilance clinique accrue concernant l'évaluation et la prévention du risque cardiovasculaire chez les femmes ayant des antécédents de HSIL".
Cette étude souligne l'importance cruciale du dépistage précoce et du suivi médical approprié des jeunes femmes, particulièrement dans le contexte africain où l'accès aux soins gynécologiques reste un défi majeur de santé publique.