Présidentielle française 2027 : Édouard Philippe cherche à s'imposer à Tourcoing
Édouard Philippe, président du parti Horizons et ancien Premier ministre français, s'exprime ce dimanche à Tourcoing lors de la rentrée politique de Gérald Darmanin, ministre de la Justice. Une étape clé dans sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027, alors que le soutien de Darmanin, annoncé le 17 août dans La Voix du Nord, s'accompagne d'exigences programmatiques, notamment sur les retraites et l'immigration.
Cette quatrième édition de l'événement de rentrée dans le Jardin botanique de Tourcoing, fief électoral de Darmanin, prend une dimension particulière. Le garde des Sceaux a en effet déclaré qu'il ne serait pas candidat et qu'il se rangeait derrière Édouard Philippe, dont il est proche de longue date. Tourcoing devient ainsi une véritable réunion publique pour le maire du Havre, qui a déjà effectué des déplacements à Mayotte et à La Réunion en août, participé au débat des candidats devant le Medef jeudi, et débattu avec François Hollande samedi à Sens.
Une bataille décisive au sein du bloc central
L'enjeu pour Édouard Philippe est de conforter sa position dans le duel qui l'oppose, au sein du bloc central, à Gabriel Attal, candidat de Renaissance. Si Attal a estimé qu'il n'y avait « plus de favori » après un sondage le plaçant à deux points seulement d'Édouard Philippe, la marge est plus nette en faveur de ce dernier dans un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche.
Toutes les études convergent toutefois pour faire de Marine Le Pen la favorite de l'élection présidentielle, la candidate du Rassemblement national étant largement en tête au premier tour et donnée gagnante au second quel que soit l'adversaire.
« Pour l'instant, je pense que nous sommes troisièmes », a averti Gérald Darmanin, qui prédit par ailleurs un score au-delà des 20 % pour Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise.
Un soutien à double tranchant
« Comme la corde soutient le pendu », ironise un dirigeant du bloc central à propos du soutien de Darmanin à Édouard Philippe. « Darmanin, depuis des mois, dit : on va perdre, Le Pen a gagné. Sa stratégie, c'est de s'installer comme le chef de l'opposition » après la présidentielle, affirme cette source.
En attendant, le tenant de la « droite sociale » a assorti son soutien d'exigences sur le fond. Notamment d'être « beaucoup plus ferme » sur l'immigration. L'ancien Premier ministre n'a cependant pas repris intégralement sa proposition d'un « moratoire », expliquant dimanche que malgré une approche plus ferme, la France sous sa présidence continuerait d'accueillir des étudiants et des travailleurs étrangers.
Les retraites, un dossier brûlant
Autre dossier sensible : les retraites. « Je suis contre la retraite à 67 ans » et « Édouard Philippe n'a pas changé d'avis », a expliqué Gérald Darmanin le 17 août. Une déclaration qui contredit les dirigeants d'Horizons qui s'échinaient depuis des années à expliquer que leur candidat n'avait jamais proposé cette mesure.
L'ancien Premier ministre a déjà eu l'occasion d'expliquer, comme il l'a fait dans un entretien à l'AFP cette semaine, que sa réforme prendrait en compte « les différences dans les métiers », qu'elle serait « parfaitement soucieuse de la justice entre les individus », mais qu'elle reposerait bien sur « l'idée que tout le monde doit travailler un peu plus longtemps ».
Rassemblement plutôt que programme
Va-t-il préciser les contours de sa réforme à Tourcoing ? Ou plutôt continuer, selon ses termes, à mener « la bataille politique » sur l'idée de devoir travailler plus longtemps avant d'abattre ses cartes ? Réponse dimanche. Un de ses soutiens prédit « plutôt une séquence politique » à Tourcoing, qui doit servir « à parler rassemblement plutôt que programme ».
L'enjeu demeure pour Édouard Philippe : continuer d'apparaître comme celui susceptible de fédérer autour de sa candidature, au sein du bloc central mais aussi à droite, où le candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau peine à émerger dans les sondages.
Questions fréquentes sur la présidentielle française 2027
Qui sont les principaux candidats à l'élection présidentielle française de 2027 ?
Les principaux candidats déclarés ou pressentis sont Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Marine Le Pen (Rassemblement national), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Bruno Retailleau (Les Républicains).
Pourquoi le soutien de Gérald Darmanin à Édouard Philippe est-il important ?
Gérald Darmanin, ministre de la Justice et figure de la droite sociale, apporte à Édouard Philippe un soutien de poids dans le bloc central, tout en posant des conditions sur des sujets clés comme l'immigration et les retraites.
Quelle est la position d'Édouard Philippe sur les retraites ?
Édouard Philippe défend l'idée que « tout le monde doit travailler un peu plus longtemps », tout en promettant une réforme prenant en compte « les différences dans les métiers » et soucieuse de « la justice entre les individus ».
