Le débat international sur le Sahara marocain vient d'être relancé par une tribune publiée le 15 octobre 2026 par le média marocain www.le360.ma, qui s'appuie sur les données du recensement marocain de 2024 pour contester le monopole de représentation revendiqué par le Front Polisario. Le texte relance une question sensible : qui parle réellement au nom des Sahraouis ?
La tribune s'appuie sur des chiffres officiels et des données électorales pour démontrer que la population sahraouie vit majoritairement dans les provinces du Sud du Maroc, où elle participe pleinement à la vie institutionnelle du Royaume.
Sahara : que disent les chiffres du recensement marocain de 2024 ?
Le recensement général de la population et de l'habitat de 2024, publié par le Haut-Commissariat au Plan marocain, fait état de 1.023.443 habitants dans les trois régions du Sud marocain. La région de Laâyoune-Sakia El Hamra compte 419.169 habitants, celle de Guelmim-Oued Noun 417.663 et celle de Dakhla-Oued Ed-Dahab 186.611.
Ces données, rapportées par www.le360.ma, posent une question directe : comment ignorer une population d'un million de personnes dans un processus politique censé déterminer l'avenir du territoire ? La tribune rappelle que la région de Guelmim-Oued Noun comprend des territoires situés au nord du Sahara disputé, dont les habitants sont également des Sahraouis.
Tindouf : un chiffre humanitaire qui ne remplace pas un recensement
De l'autre côté de la frontière, les agences humanitaires des Nations unies retiennent le chiffre de 173.600 personnes pour planifier l'assistance aux Sahraouis dans les camps de Tindouf, en Algérie. Ce chiffre, utilisé dans le plan humanitaire 2024-2025, n'est pas le résultat d'un recensement.
Le rapport annuel 2024 du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés indique qu'à la fin de cette année, ni le HCR ni le pays d'accueil n'avaient procédé à un enregistrement formel individuel des réfugiés dans ces camps. Selon la tribune, l'Algérie refuse systématiquement tout recensement depuis cinquante ans.
Cette lacune statistique complique toute photographie démographique précise de la population concernée. La tribune souligne que, parmi les habitants des camps, très nombreux sont ceux n'ayant aucun lien avec le Sahara marocain.
La participation électorale des provinces du Sud, un signal politique fort
La question de la représentativité ne se limite pas à la démographie. Les élections organisées dans le cadre institutionnel marocain permettent aux habitants des provinces du Sud d'élire leurs représentants aux conseils communaux, provinciaux, régionaux et au Parlement.
Les chiffres sont parlants. Aux élections législatives de 2021, les taux de participation officiels étaient de 66,94 % dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et de 58,30 % dans celle de Dakhla-Oued Ed-Dahab. Pour les élections législatives de septembre 2026, les taux rapportés dans ces deux régions ont atteint environ 77 % et 61 %.
Pour la tribune, ces pourcentages sont des révélateurs du degré d'adhésion de la population au cadre institutionnel marocain. Ignorer ces institutions reviendrait à écarter une composante réelle de la vie politique des provinces du Sud.
Le Mouvement sahraoui pour la paix, une autre voix dans le débat
Le débat doit également tenir compte d'autres expressions politiques sahraouies. Le Mouvement sahraoui pour la paix défend une approche distincte de celle du Polisario et entend faire entendre une autre voix dans les discussions internationales.
« À partir du moment où Michael Waltz a pris sur lui de recevoir une autre sensibilité, les États-Unis semblent avoir compris que le Polisario n'est qu'une faction et qu'il ne peut prétendre être le seul représentant des Sahraouis », a déclaré Aziz Daouda, cité par www.le360.ma.
Le conseiller américain Michael Waltz a donc ouvert une brèche dans le face-à-face traditionnel entre Rabat et le mouvement séparatiste. Un signal adressé au Conseil de sécurité et à la communauté onusienne, selon l'auteur de la tribune, qui y voit la source de l'agacement d'Alger.
Quelles conséquences pour le processus onusien ?
Les Nations unies ont pour mission de faciliter une solution politique au différend dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité. Le processus onusien reconnaît un rôle central au Polisario dans les négociations. Mais la nécessité de disposer d'interlocuteurs identifiés ne doit pas être confondue avec la démonstration d'un soutien politique universel.
La tribune estime que la prochaine résolution du Conseil de sécurité devrait dénoncer davantage la fragilité des arguments séparatistes. Elle appelle la communauté internationale à fonder sa démarche sur des données vérifiables et à prendre en compte les différentes sensibilités sahraouies, notamment la majorité vivant au Maroc.
Pour la Côte d'Ivoire, qui entretient des relations étroites avec le Royaume du Maroc et défend les principles de stabilité institutionnelle et de dialogue dans les affaires africaines, ce débat sur la représentation réelle des peuples concerne un principe fondamental du panafricanisme : celui de la vérité des chiffres et du respect du choix des populations.
La question posée par la tribune reste entière : peut-on prétendre défendre le droit d'un peuple à choisir son avenir sans s'interroger sur la diversité de ses opinions et sur les fondements de ceux qui affirment parler en son nom ?
Questions fréquentes
Combien de Sahraouis vivent dans les provinces du Sud du Maroc ?
Le recensement de 2024 du Haut-Commissariat au Plan marocain dénombre 1.023.443 habitants dans les trois régions de Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab.
Quel est le chiffre retenu pour les camps de Tindouf ?
Les agences humanitaires des Nations unies retiennent 173.600 personnes pour la planification de l'aide, mais ce chiffre ne résulte d'aucun recensement individuel, selon le rapport annuel 2024 du HCR.
Quels ont été les taux de participation aux législatives de septembre 2026 dans le Sud marocain ?
Les taux officiels rapportés atteignent environ 77 % dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et 61 % dans celle de Dakhla-Oued Ed-Dahab.
