Béarn : la maire de Nay annule les fêtes après le blocage des forains
Les fêtes de Nay, prévues du 21 au 25 août dans ce village du Béarn, dans le sud-ouest de la France, n'auront pas lieu. La maire Margaux Triep-Capdeville a annoncé leur annulation ce mardi 18 août au soir, après une journée de conflit ouvert avec les forains qui ont bloqué le centre de la commune avec leurs camions dès le début d'après-midi.
À l'origine de cette crise, une décision municipale motivée par des impératifs de sécurité. Les forains, qui installaient traditionnellement leurs manèges sur la place de la République, n'ont plus l'autorisation de le faire cette année. La préfecture a imposé des normes drastiques, notamment en raison du risque d'attentat toujours jugé élevé.
Pourquoi les forains ont-ils bloqué la commune ?
Selon la maire, les forains ont été prévenus par courrier il y a trois semaines. Une alternative leur a été proposée : s'installer en haut de Nay, sur la friche de l'ancien Super U et de Centrakor. Mais ils ont refusé, répondant que la municipalité n'avait qu'à installer le bal à cet endroit.
« On les a prévenus il y a trois semaines. On savait qu'on se dirigerait probablement vers un conflit », a expliqué Margaux Triep-Capdeville en milieu d'après-midi.
Le blocage s'est étendu du cours Pasteur jusqu'à la place de la République, où se trouve la mairie. Les négociations ayant échoué, la première magistrate de la commune a mis sa menace à exécution.
Une décision motivée par la sécurité et le respect des lois
La maire a défendu sa position avec fermeté, évoquant des contraintes imposées par la préfecture. Le budget des fêtes est passé à 160 000 euros, dont 40 000 euros uniquement pour la sécurité. « La préfecture ne veut plus qu'il y ait une voiture autour de la place de la République en raison du risque d'attentat toujours fort. Cela vaut pour les riverains, pour nous, pour tout le monde. On doit tous respecter les lois et ils doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent », a-t-elle déclaré.
Quel impact pour les associations et les commerçants locaux ?
La décision affecte directement les associations locales, dont beaucoup dépendent des recettes générées par les fêtes. La maire a rencontré les présidents d'associations et les cafetiers pour les prévenir. « Ils m'ont dit qu'ils me soutiendraient si je devais prendre cette décision », a-t-elle rapporté.
Malgré sa fermeté, Margaux Triep-Capdeville a exprimé sa déception pour les villageois. « Dans la rue, les gens me soutiennent, certains me félicitent de ne pas avoir cédé. Je suis bien désolée pour les associations », a-t-elle confié.
Une annulation définitive ?
À 21 heures, la maire a toutefois laissé une porte ouverte : la décision pourrait être revue si les forains acceptent de s'installer à l'endroit proposé. « S'il faut être la première maire de Nay à leur tenir tête, qu'il en soit ainsi. Je ne céderai pas à ce chantage », avait-elle affirmé plus tôt dans la journée.
Cette affaire illustre les tensions récurrentes entre les exigences de sécurité publique et les intérêts économiques des forains, un équilibre délicat que de nombreuses communes françaises doivent gérer.
Questions fréquentes sur l'annulation des fêtes de Nay
Les fêtes de Nay sont-elles définitivement annulées ?
La maire a annoncé leur annulation mardi soir, mais elle a indiqué que la décision pourrait évoluer si les forains acceptent de s'installer sur le site alternatif proposé, la friche de l'ancien Super U et de Centrakor.
Pourquoi les forains ne peuvent-ils plus s'installer sur la place de la République ?
La préfecture a imposé de nouvelles normes de sécurité drastiques en raison du risque d'attentat. Plus aucun véhicule ne peut stationner autour de la place de la République, ce qui rend impossible l'installation des manèges.
Quel est le coût de la sécurité pour ces fêtes ?
Le budget total des fêtes s'élève à 160 000 euros, dont 40 000 euros consacrés uniquement à la sécurité, selon les déclarations de la maire.