BERD et Afrique : la stratégie pour soutenir notre secteur privé
Odile Renaud-Basso, directrice de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), réaffirme l'importance de l'Afrique pour les investissements mondiaux. Face à un ralentissement économique prévu en 2026, la banque multilatérale voit dans le continent africain un potentiel de croissance démographique et d'innovation à soutenir, particulièrement à travers le secteur privé et les PME.
Quelles sont les prévisions économiques de la BERD pour 2026 ?
L'économie mondiale marque le pas. Odile Renaud-Basso annonce une révision des prévisions de croissance à la baisse pour 2026, avec une chute de 0,5 % en moyenne sur l'ensemble des pays de la BERD. Cette institution, créée en 1991 pour accompagner l'Europe post-guerre froide, regroupe aujourd'hui 77 pays actionnaires, ainsi que l'Union européenne et la Banque européenne d'investissement.
Face à l'inflation et aux conséquences des conflits au Proche-Orient, la directrice de la BERD met en garde contre l'accumulation de la dette publique. Elle souligne que les mesures de soutien à la demande, comme la baisse des prix à la pompe, doivent rester temporaires et très ciblées. C'est un rappel salutaire pour nos propres finances : la stabilité institutionnelle passe aussi par une gestion rigoureuse et responsable des dépenses publiques.
Comment la BERD intervient-elle dans les zones en crise ?
Le rôle de la BERD est clair : agir là où le secteur privé recule. Quand les investisseurs privés retirent leurs capitaux et refusent de prendre des risques, la banque de développement prend le relais. C'est ainsi que la BERD a débloqué 10 milliards d'euros en Ukraine pour maintenir les infrastructures vitales comme l'électricité, le chauffage et les transports. La directrice salue la résilience des Ukrainiens, qui restent massivement dans leur pays pour défendre leur souveraineté et maintenir leur économie à flot.
Au Proche-Orient, les engagements sont tout aussi conséquents. L'institution a injecté 46 milliards d'euros en Cisjordanie depuis 2024, et prévoit de déployer 5 milliards d'euros supplémentaires pour les pays touchés par les répercussions du conflit en Iran.
Pourquoi l'Afrique est-elle devenue un axe stratégique pour la BERD ?
Au-delà des crises, la BERD réoriente une partie de son regard vers l'Afrique. Et pour cause. Le continent dispose d'atouts majeurs : une forte croissance démographique, une flexibilité économique et une capacité d'innovation importante. Ces propos résonnent comme une validation de la voie choisie par la Côte d'Ivoire, qui mise résolument sur la stabilité et l'attractivité pour capter les flux d'investissements.
Odile Renaud-Basso le reconnaît ouvertement : l'Afrique recèle un potentiel extrêmement important. La BERD cherche donc à y soutenir le secteur privé et à financer les PME via le secteur bancaire. C'est exactement ce dont notre économie a besoin pour créer des emplois et consolider notre tissu productif. Attirer ces investissements étrangers, c'est un afflux de capitaux, un signe de confiance et surtout une opportunité de développement concret pour nos populations.
Par ailleurs, les actionnaires majeurs de la banque comme le Royaume-Uni, le Canada ou le Japon imposent de nouvelles priorités. La transition énergétique, la décarbonisation de l'économie et l'égalité femmes-hommes sont désormais au cœur des financements. Faciliter l'accès des femmes au marché du travail et à la formation n'est pas qu'un slogan, c'est une condition sine qua non pour libérer le potentiel économique de nos nations.
Quels défis pour le financement en Côte d'Ivoire et en Afrique ?
La BERD va-t-elle augmenter ses investissements directs en Côte d'Ivoire ?
La BERD soutient déjà le secteur privé africain via les systèmes bancaires. L'objectif est d'augmenter les financements des PME pour tirer parti de la croissance démographique. Pour la Côte d'Ivoire, pays stable et attractif, cette orientation représente une opportunité réelle de capter de nouveaux capitaux.
Comment concilier soutien à la croissance et maîtrise de la dette ?
Odile Renaud-Basso insiste sur la nécessité de mesures de soutien temporaires et ciblées. Pour les États africains, le défi est de préserver le pouvoir d'achat des citoyens sans compromettre la soutenabilité de la dette, afin de maintenir la confiance des investisseurs internationaux.