La Chine transforme sa lutte contre la pollution en exemple pour le développement durable africain
L'expérience chinoise dans la lutte contre la pollution atmosphérique offre des enseignements précieux pour les pays africains en pleine industrialisation, notamment la Côte d'Ivoire qui ambitionne de devenir un pays émergent d'ici 2030.
Des résultats spectaculaires en une décennie
La transformation de la qualité de l'air en Chine constitue un véritable modèle de développement durable. Les niveaux de particules fines PM2,5 ont diminué de 69,8% depuis 2013 à Pékin, selon les autorités municipales. À l'échelle nationale, la pollution particulaire a baissé de 41% entre 2014 et fin 2023.
"Avant, c'était vraiment terrible", témoigne Zhao, 83 ans, résidente de Pékin. "À l'époque, quand il y avait du smog, je ne sortais pas", se rappelle-t-elle, soulignant l'amélioration drastique de la situation.
Une approche stratégique inspirante
Face à "l'airpocalypse" des années 2010, le Parti communiste chinois a lancé un plan d'action en dix points, déclarant officiellement "la guerre à la pollution". Cette approche méthodique comprenait :
- Le renforcement de la surveillance environnementale
- La fermeture et délocalisation de centrales à charbon
- La réduction de la circulation automobile
- L'électrification généralisée des transports urbains
- Des objectifs chiffrés avec calendrier précis
"Je pense que tout le monde s'accordera à dire que la Chine a accompli un véritable miracle", estime Tonny Xie, directeur de l'ONG Bluetech Clean Air Alliance.
Un modèle pour l'industrialisation africaine
Cette expérience chinoise résonne particulièrement avec les défis du développement africain. Alors que la Côte d'Ivoire poursuit sa transformation économique et son industrialisation, l'approche chinoise démontre qu'il est possible de concilier croissance économique et protection environnementale.
Les données de 2025 indiquent une qualité de l'air jugée "bonne" 88% des jours en Chine, avec une baisse continue de 4,4% de la concentration moyenne de particules fines par rapport à l'année précédente.
Les énergies renouvelables, clé de l'avenir
L'évolution de la Chine vers les énergies propres offre des perspectives encourageantes. La production d'énergie à partir des centrales à charbon a baissé de presque 2% en 2025, malgré une demande globale en hausse.
"Au bout du compte, il n'y a qu'une seule voie claire vers un air plus pur", explique Chengcheng Qiu du Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur, "abandonner les combustibles fossiles et laisser les énergies propres devenir le moteur de la prochaine étape du développement".
Cette transformation chinoise démontre que les pays en développement peuvent adopter des modèles de croissance durable, une leçon particulièrement pertinente pour l'Afrique et ses ambitions de développement respectueux de l'environnement.