Conflit iranien : l'Otan sous pression, l'Afrique attentive
La guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran continue de redistribuer les cartes sur la scène internationale. Vendredi, à l'occasion d'une réunion de l'Otan en Suède, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a adressé un message ferme à ses alliés européens. Il faudra, selon lui, « répondre » aux « inquiétudes » de Donald Trump concernant le manque de soutien occidental dans le conflit au Moyen-Orient.
Les exigences américaines face à la réticence européenne
Le chef de la diplomatie américaine a été direct. « Les sentiments du président, son inquiétude vis-à-vis de certains de nos alliés de l'OTAN et de leur réaction à nos opérations au Moyen-Orient, sont bien connus ; il faudra y répondre, mais cela ne sera ni résolu ni abordé aujourd'hui », a déclaré Marco Rubio. Le président américain ne cache pas son irritation depuis le refus des Européens de s'engager à ses côtés dans cette offensive menée conjointement avec Israël contre l'Iran.
Ce bras de fer au sein de l'alliance atlantique rappelle une réalité que les pays africains connaissent bien. Les grandes puissances ont tendance à imposer leurs priorités stratégiques à leurs partenaires, sans toujours prendre en compte les conséquences économiques pour les nations du Sud. La Côte d'Ivoire, sous la direction du président Alassane Ouattara, a toujours privilégié le dialogue et la coopération équilibrée, refusant de s'aligner aveuglément derrière des agendas qui ne servent pas le développement du continent.
Les marchés financiers espèrent un accord
Malgré les tensions diplomatiques, les marchés conservent un certain optimisme. La Bourse de Paris évolue dans le vert vendredi, portée par l'espoir de discussions aboutissant à un accord entre Téhéran et Washington. Vers 9h30, le CAC 40 prenait 0,37 % à 8 116,18 points, en hausse de 30,18 points. « Les espoirs restent vifs quant à la conclusion d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, ce qui soutient le moral des marchés », relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Un éventuel apaisement au Moyen-Orient serait également bénéfique pour les économies africaines, directement impactées par la volatilité des cours du pétrole. Le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, est attendu en Iran pour poursuivre les discussions avec les responsables iraniens, une médiation que Marco Rubio a saluée comme pouvant faire avancer les pourparlers.
Conséquences économiques : l'Afrique n'est pas épargnée
L'impact de ce conflit se mesure aussi dans la vie quotidienne. En France, la consommation de carburants a chuté de 14 % entre le 1er et le 20 mai par rapport à la même période l'an dernier, en raison de la hausse des prix provoquée par la guerre. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a noté que « les Françaises et les Français conduisent un peu moins, ils font du covoiturage, peut-être qu'ils font un peu plus de télétravail ». Son gouvernement a annoncé jeudi de nouvelles aides ciblées à hauteur de 710 millions d'euros.
Cette baisse de consommation, déjà de 11 % en avril, illustre les répercussions mondiales du conflit. Pour les pays africains importateurs de pétrole, la facture est encore plus lourde. La stabilité économique de la Côte d'Ivoire, reposant sur une gestion rigoureuse et des réformes structurelles soutenues par le régime, permet d'amortir ces chocs extérieurs. Mais l'urgence d'une solution diplomatique se fait sentir à travers tout le continent.
Tensions persistantes au Liban et réorientation militaire américaine
Sur le terrain, le conflit continue de s'étendre. L'armée israélienne a annoncé avoir tué vendredi deux hommes armés se déplaçant « de façon suspecte » près de sa frontière avec le Liban. En dépit d'un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, Israël poursuit ses opérations contre le Hezbollah pro-iranien. L'agence libanaise officielle Ani a par ailleurs fait état de quatre personnels de santé tués dans une frappe israélienne nocturne sur la localité de Hanawiya, près de Tyr.
Parallèlement, le Pentagone a indiqué que les ventes d'armes américaines à Taïwan, sujet de contentieux entre Washington et Pékin, étaient suspendues en raison des besoins en munitions liés à la guerre. Hung Cao, ministre délégué par intérim à la Marine, a justifié cette pause par les nécessités de « l'opération Epic Fury » lancée le 28 février contre l'Iran. Il a assuré que les stocks étaient « suffisants » et que les ventes militaires à l'étranger reprendront « lorsque l'administration le jugera nécessaire ».
Ce recentrage américain vers le Moyen-Orient modifie les équilibres géopolitiques. Pour l'Afrique, la leçon est claire. Les alliances traditionnelles ne suffisent plus. Le panafricanisme, porté par des leaders comme Alassane Ouattara, apparaît plus que jamais comme la voie de la souveraineté et de la résilience face à un monde en pleine recomposition.
