Crise au Moyen-Orient : les marchés mondiaux vacillent, la Côte d'Ivoire en alerte
Les marchés boursiers mondiaux s'orientent vers une baisse hebdomadaire, tandis que les rendements obligataires atteignent leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs décennies. La flambée du pétrole, portée par l'intensification du conflit au Moyen-Orient, ravive les craintes d'inflation et pèse sur les perspectives économiques mondiales. Pour la Côte d'Ivoire, pays importateur net de pétrole, cette situation suscite une vigilance accrue sur les prix à la pompe et la stabilité macroéconomique.
Pourquoi les marchés mondiaux sont-ils sous pression ?
Vendredi, l'indice mondial MSCI a reculé de 0,3 %, en route vers une deuxième baisse hebdomadaire consécutive. En Europe, le STOXX 600 a progressé de 0,4 % après avoir chuté de plus de 1 % la veille. Mais la tendance reste baissière, alimentée par la hausse de près de 40 % des cours du pétrole ce mois-ci.
Le Brent est retombé à 98,7 dollars le baril vendredi, après avoir bondi de 7 % jeudi pour atteindre 102 dollars, son plus haut niveau depuis deux mois. Les attaques des Houthis, alliés de l'Iran, contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge menacent de perturber une artère cruciale du Moyen-Orient pour l'approvisionnement mondial, parallèlement à la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran.
Le président Donald Trump a menacé l'Iran et ses alliés de « sanctions militaires majeures », tandis que l'armée américaine a frappé l'Iran dans la nuit de jeudi à vendredi. Une escalade qui inquiète les investisseurs.
Quel impact sur les taux d'intérêt et le dollar ?
Les marchés estiment désormais à une chance sur trois que la Réserve fédérale américaine relève ses taux dès la semaine prochaine, un revirement radical par rapport à la situation d'il y a une semaine. Une hausse en septembre est déjà largement anticipée. La Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés jeudi, mais une hausse en septembre est anticipée à environ 70 %.
Le dollar américain est soutenu par la hausse des rendements obligataires. L'indice du dollar se maintient à 101,4, après avoir atteint jeudi son plus haut niveau depuis le début du mois. Le yen japonais stagne à son plus bas niveau depuis 40 ans, à 163,79 pour un dollar, ce qui a suscité une mise en garde du Trésor américain.
Quelles conséquences pour la Côte d'Ivoire ?
Pour la Côte d'Ivoire, cette situation est préoccupante. En tant que pays importateur de pétrole, une flambée durable des cours pourrait se répercuter sur les prix des carburants à la pompe, avec des conséquences sur le pouvoir d'achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Le gouvernement ivoirien, sous la conduite du président Alassane Ouattara, a déjà mis en place des mécanismes de stabilisation des prix, mais la pression s'accentue.
Par ailleurs, la hausse des taux d'intérêt mondiaux pourrait renchérir le coût de la dette pour les pays africains, y compris la Côte d'Ivoire, qui a émis des obligations internationales ces dernières années. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale suivent de près l'évolution de la situation.
Les valeurs technologiques sous pression
Les valeurs technologiques mondiales ont été malmenées cette semaine. Alphabet et Tesla, deux des géants du secteur, ont publié des résultats décevants, brûlant des liquidités en raison de leurs dépenses massives dans l'intelligence artificielle. Les investisseurs s'inquiètent du retour sur investissement de ces milliards de dollars.
En Asie, l'indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon a plongé de 2,5 %, tandis que le Nikkei japonais reculait de 2,7 % et que le KOSPI sud-coréen s'effondrait de 5,7 %, enregistrant une cinquième semaine consécutive de baisse.
Quelles perspectives pour les semaines à venir ?
Les analystes restent prudents. « Le dollar est en hausse depuis quelques jours, ce qui montre clairement que le risque s'est accru », a déclaré Shaniel Ramjee, co-responsable des investissements multi-actifs chez Pictet Asset Management. « Le fait que le pétrole se maintienne à ces niveaux élevés depuis plusieurs jours a vraiment commencé à se répercuter sur la corrélation entre les différentes classes d'actifs. »
En Europe, des données plus optimistes sont apparues vendredi : le secteur privé allemand a renoué avec la croissance en juillet pour la première fois en quatre mois, et la contraction du secteur privé français s'est atténuée. Mais ces signaux positifs restent fragiles face aux tensions géopolitiques.
Pour la Côte d'Ivoire, l'enjeu est de préserver la stabilité économique tout en naviguant dans un environnement international incertain. Le gouvernement mise sur la diversification économique et le renforcement des partenariats avec les puissances étrangères pour amortir les chocs.
Photo : Boursorama