Drame à Bangkok : un influenceur meurt après une injection esthétique, un chirurgien met en garde
Un influenceur de 43 ans a perdu la vie à Bangkok après une injection d'acide hyaluronique dans le pénis. Ce drame, survenu le 6 mars 2026, rappelle que les actes esthétiques, même courants, comportent des risques sérieux. Le Dr Eric Allaire, chirurgien vasculaire spécialiste des troubles de l'érection, explique les circonstances de ce décès et les précautions indispensables.
Que s'est-il passé exactement ?
Igho « Tiny » Ubiribo, homme d'affaires et influenceur de 43 ans, avait subi une injection de 40 millilitres d'acide hyaluronique et de lidocaïne dans le pénis. L'objectif était d'augmenter la circonférence de son organe. Peu après l'intervention, il s'était rendu dans un salon de massage avec son épouse.
Son état s'est rapidement dégradé. Des douleurs thoraciques sont apparues, suivies de deux pertes de connaissance. Transporté d'urgence à l'hôpital, il a été pris en charge pour une embolie pulmonaire avant d'être transféré en soins intensifs. Malgré plus de 100 minutes de réanimation, l'influenceur n'a pas survécu.
Comment l'injection a-t-elle provoqué une embolie pulmonaire ?
Le produit injecté dans le pénis est normalement destiné à rester dans les tissus ciblés. Mais cette zone est très vascularisée. Si l'aiguille pénètre accidentellement dans une veine, le produit peut passer directement dans la circulation sanguine. C'est ce qui s'est produit dans ce cas.
« Au vu des données du rapport d'autopsie, on peut conclure que l'embolie pulmonaire était secondaire à l'injection. Il y a eu une migration du produit. Au lieu que le produit soit injecté dans le pénis, il a été injecté dans une veine de celui-ci », explique le Dr Eric Allaire.
Une fois dans la circulation, le produit voyage vers le cœur puis les poumons, où il peut obstruer un vaisseau. Du matériel compatible avec l'acide hyaluronique injecté a d'ailleurs été retrouvé au niveau des poumons de la victime.
Un acte esthétique n'est jamais anodin
L'acide hyaluronique est largement utilisé en médecine esthétique pour augmenter le volume de certaines parties du corps. Son usage dans le pénis n'est pas nouveau. Mais toute injection comporte des risques : infections, mauvaise tolérance, chocs anaphylactiques, voire défaillance circulatoire en cas de réaction allergique.
Pour le Dr Allaire, ce drame relève avant tout d'un problème de compétences : l'injection a été mal réalisée. « Injecter par erreur de l'acide dans une veine du pénis, cela arrive très peu. Normalement, avant de procéder à l'injection, les équipes vérifient que l'aiguille ne se trouve pas dans une veine », indique-t-il.
Le chirurgien insiste sur l'importance de réaliser ces actes dans un cadre sécurisé, et non en cabinet de ville sans équipement adapté. « Il faut réaliser ces injections dans un lieu sécurisé », ajoute-t-il.
Quelles leçons retenir ?
Ce fait divers reste heureusement rare. Mais il rappelle que les actes esthétiques ne sont jamais bénins. Toute injection est un acte médical avec ses indications, ses contre-indications et ses complications potentielles.
Avant de se lancer, le choix du professionnel est essentiel. Le produit utilisé, la technique employée et le lieu de l'intervention sont autant d'éléments à vérifier. La prudence reste la meilleure alliée face à des procédures qui, bien que courantes, ne sont pas sans danger.