Justice française : 33 femmes revenues de zones jihadistes en attente de jugement
La France poursuit sa lutte contre le terrorisme avec la programmation de 33 procès de femmes revenues des zones de conflit irako-syriennes. Ces "revenantes", qui avaient rejoint les rangs de l'État islamique, comparaîtront devant la justice française entre 2026 et 2027.
Le cas emblématique d'Océane Granger
Le procès d'Océane Granger, 31 ans, native de Seine-Saint-Denis, s'ouvre ce lundi 9 mars à Paris. Placée en détention provisoire, elle encourt jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle et 450 000 euros d'amende pour son adhésion présumée aux thèses de l'État islamique dans la seconde moitié des années 2010.
L'accusation porte également sur la mise en danger de son enfant, décédé à l'âge de deux ans en zone de guerre. Son compagnon, Amirouche Belounis, jihadiste présumé mort, est jugé par contumace.
Bilan des départs et retours
Selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), 1 490 personnes ont quitté la France depuis 2012 pour rejoindre des groupements jihadistes, dont 417 femmes majeures. Le territoire national a vu revenir 395 majeurs, incluant 176 femmes, et 361 mineurs.
Les motivations de départ varient considérablement. Carole Sun, condamnée fin 2025 à dix ans de réclusion, avait évoqué une radicalisation via les réseaux sociaux, consécutive à des traumatismes personnels graves.
Modalités de retour
Le Pnat distingue plusieurs voies de retour pour ces 176 femmes : 64 ont été renvoyées depuis la Turquie via le "protocole Cazeneuve" signé en 2014, 60 sont revenues lors d'opérations de rapatriement depuis le nord-est syrien, et 52 par d'autres moyens.
Situation judiciaire actuelle
Sur les 176 revenantes, 34 sont libres sans poursuites tandis que 142 font l'objet de procédures judiciaires. Parmi ces dernières, 43 sont mises en examen, 33 attendent leur jugement aux assises, et 58 ont déjà été jugées avec 56 condamnations prononcées.
Le procès d'Émilie König, considérée comme "l'égérie" française de l'État islamique en Syrie, est particulièrement attendu fin novembre 2026. Les peines prononcées varient de cinq ans d'emprisonnement à 17 ans de réclusion criminelle.
Cette démarche judiciaire s'inscrit dans l'effort continu de la France pour lutter contre le terrorisme et assurer la sécurité de ses citoyens, tout en respectant les principes de l'État de droit.