Funérailles d’Ali Khamenei : une grande prière d’hommage à Téhéran, son fils Mojtaba toujours invisible
Téhéran, le 5 juillet 2026 – Au deuxième jour d’obsèques nationales, la plupart des hauts responsables iraniens ont rendu un vibrant hommage à l’ayatollah Ali Khamenei, décédé à 86 ans. Une grande prière a été organisée dimanche à la Grande Mosalla de Téhéran, en présence de milliers de fidèles. Mais une absence notable a marqué les esprits : celle de Mojtaba Khamenei, son fils et successeur désigné à la fonction de guide suprême, qui n’a pas été vu en public depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël.
Une prière dirigée par un ayatollah de 97 ans
La prière, qui a duré une dizaine de minutes, a été conduite par Ja’far Sobhani, un ayatollah de 97 ans enseignant dans la ville sainte de Qom. Devant le cercueil d’Ali Khamenei, enveloppé dans un drapeau iranien surmonté de son turban noir, se pressaient des milliers de fidèles. Parmi les personnalités présentes au premier rang figuraient le président Massoud Pezeshkian, l’influent Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, et le général Esmaïl Qaani, chef de la Force Qods.
Trois fils de l’ancien guide – Massoud, Mostafa et Meysam – étaient également présents. Mais Mojtaba, blessé lors des bombardements israélo-américains qui ont coûté la vie à son père le 28 février, n’a pas été aperçu. Il ne s’exprime que par communiqués, et son absence alimente les spéculations sur son état de santé et la stabilité de la transition.
Entre 15 et 20 millions de personnes attendues à Téhéran
Les autorités iraniennes ont déclaré dimanche et lundi jours fériés pour permettre aux citoyens de participer aux funérailles. Selon les estimations officielles, entre 15 et 20 millions de personnes sont attendues rien qu’à Téhéran, six mois après des manifestations massives contre le coût de la vie qui ont fait des milliers de morts. L’enceinte de la Grande Mosalla était noire de monde, et des drapeaux rouges, symboles de vengeance et de justice, émergeaient de la foule.
Le cercueil doit être exposé jusqu’à dimanche soir, avant une procession lundi à Téhéran. Les funérailles se poursuivront ensuite à Qom, en Irak, et l’inhumation aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad, dont Ali Khamenei était originaire.
Une démonstration de force en pleines discussions avec Washington
Ces obsèques se veulent une démonstration de force, alors que l’Iran est engagé dans des discussions avec Washington après la signature d’un accord-cadre le mois dernier pour mettre fin au conflit. Le chef de l’armée, Amir Hatami, a juré à Mojtaba Khamenei de ne pas « lâcher le col de ceux qui ont tué » son père. Plusieurs représentants de groupes armés pro-iraniens étaient présents, dont le chef du bureau politique du Hamas, Mohammed Darwish. Ce dernier a rencontré Mohammad Bagher Ghalibaf, qui lui a assuré : « Nous ne sommes pas en paix avec l’Amérique et ne reconnaîtrons pas Israël. »
FAQ : Ce qu’il faut retenir des funérailles d’Ali Khamenei
Pourquoi Mojtaba Khamenei est-il absent des cérémonies ?
Mojtaba Khamenei, le fils et successeur désigné de l’ayatollah, a été blessé lors des bombardements qui ont tué son père. Il ne s’exprime que par communiqués et n’a pas été vu en public depuis le début de la guerre, ce qui suscite des interrogations sur sa santé et la transition du pouvoir.
Quels sont les prochains événements prévus ?
Après la procession à Téhéran lundi, le cercueil fera escale à Qom puis en Irak. L’inhumation aura lieu jeudi à Machhad, la ville natale d’Ali Khamenei.
Quelle est la portée politique de ces funérailles ?
Ces funérailles sont une démonstration de force pour le régime iranien, en pleines discussions avec Washington. L’absence de plusieurs anciens présidents, comme Mohammad Khatami et Hassan Rohani, montre toutefois des tensions internes.