Kenya : 81 morts dans les inondations, l'Afrique face au défi climatique
Les pluies diluviennes qui s'abattent sur le Kenya depuis le début du mois de mars ont causé la mort d'au moins 81 personnes et déplacé des milliers d'autres, selon un bilan officiel rendu public dimanche. Cette tragédie illustre une fois de plus les défis auxquels fait face l'Afrique de l'Est dans un contexte de changement climatique.
Nairobi particulièrement touchée
Selon Muchiri Nyaga, porte-parole de la police nationale kényane, Nairobi demeure la région la plus touchée avec 37 victimes. Les autorités ont ouvert des centres d'évacuation et appellent la population à "une extrême prudence et la vigilance".
Les violentes précipitations ont transformé les principaux axes de la capitale en véritables torrents, inondant des milliers de domiciles et de commerces. La situation est particulièrement préoccupante dans les bidonvilles situés en aval du barrage de Nairobi, où les autorités ont ordonné des évacuations en raison d'un "risque imminent d'inondation".
Des dégâts considérables dans l'ouest du pays
Dans le comté de Kisumu, qui borde le Lac Victoria, plus de 3.000 familles ont été contraintes de se déplacer suite au débordement de la rivière Sondu Miriu. Seth Oluoch Agwanda, chef de la localité de Nyakach, déplore la perte de nombreuses terres agricoles et des cultures semées.
"Toutes les maisons sont inondées, et pour l'instant, nous ne savons toujours pas où nous réfugier avec nos animaux", témoigne Kennedy Oguta, un habitant de 50 ans.
Un défi continental
Cette catastrophe n'est pas isolée. Au moins 81 personnes sont également mortes ce mois-ci dans des inondations et des glissements de terrain dans le sud de l'Éthiopie voisine. Ces événements s'inscrivent dans une tendance observée par de nombreuses études scientifiques qui mettent en évidence une hausse de la fréquence des périodes extrêmement humides ou sèches en Afrique de l'Est ces vingt dernières années.
Les scientifiques alertent depuis longtemps sur le fait que le changement climatique d'origine humaine accroît la probabilité, la durée et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes. Cette réalité souligne l'urgence pour les pays africains de renforcer leurs capacités d'adaptation et leurs infrastructures de résilience face aux catastrophes naturelles.
Les précipitations devraient se poursuivre jusqu'à mardi, maintenant les populations dans l'inquiétude et les autorités en état d'alerte maximale.