Marché de la dette marocain : un encours de 1.144 milliard de dirhams, quels enseignements pour la Côte d'Ivoire ?
Le marché marocain des titres de créance a poursuivi sa progression au cours des quatre premiers mois de 2026, avec un encours global atteignant 1.143 milliards de dirhams. Cette dynamique, portée principalement par les Bons du Trésor et les émissions obligataires, offre des perspectives intéressantes pour les économies africaines, dont la Côte d'Ivoire, qui cherchent à diversifier leurs sources de financement.
Selon le 14e numéro de la Revue du marché des capitaux de l'Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), l'encours de la dette marocaine a augmenté de près de 11 milliards de dirhams entre janvier et avril 2026. Les émissions ont atteint 83,06 milliards de dirhams, contre 72,32 milliards de dirhams de remboursements, soit un différentiel positif de 10,74 milliards de dirhams. Ce solde traduit une progression maîtrisée du recours au marché, sans rupture dans la trajectoire des encours.
Les Bons du Trésor, pilier du marché de la dette marocain
Les Bons du Trésor restent l'instrument dominant, avec un encours de 805,69 milliards de dirhams, soit 70,4% de l'ensemble du marché. Les obligations représentent 19% du marché, tandis que les titres de créance négociables en constituent 8,5%. Cette répartition place la dette souveraine au cœur du dispositif, mais laisse aussi la place à des compartiments complémentaires pour des horizons de financement distincts.
Les levées du Trésor ont totalisé 47,75 milliards de dirhams entre janvier et avril 2026, contre 43,51 milliards de remboursements. L'encours des Bons du Trésor a ainsi progressé de 4,23 milliards de dirhams depuis le début de l'année. Les maturités moyennes ont concentré 79,3% des montants mobilisés, loin devant les échéances courtes (15,1%) et les maturités longues (5,6%). Cette stratégie permet au Trésor marocain d'équilibrer coût de financement et étalement des remboursements.
Obligations et titres de créance : des leviers pour le financement à long terme
Le compartiment obligataire a enregistré des émissions de 6,5 milliards de dirhams sur la période, exclusivement sur des maturités longues, avec des taux allant de 2,75% à 4,37%. Les remboursements se sont limités à 1,83 milliard de dirhams, portant l'encours obligataire à 216,81 milliards de dirhams. Contrairement aux instruments de trésorerie, les obligations permettent de sécuriser des ressources sur des périodes plus longues, élargissant ainsi les possibilités de financement pour les émetteurs.
Les titres de créance négociables, quant à eux, ont totalisé 27,7 milliards de dirhams d'émissions, dont 52,6% provenaient du secteur bancaire. Cette prépondérance reflète leur rôle dans la gestion des ressources et de la liquidité des établissements de crédit. Les certificats de dépôt affichent un encours de 50,02 milliards de dirhams, devant les bons de sociétés de financement (36,93 milliards) et les billets de trésorerie (10,76 milliards).
Quels enseignements pour la Côte d'Ivoire ?
La performance du marché marocain de la dette souligne l'importance d'une gestion équilibrée des échéances et d'une diversification des instruments de financement. Pour la Côte d'Ivoire, qui ambitionne de renforcer son rôle de hub financier régional, l'expérience marocaine offre des pistes de réflexion. La prédominance des Bons du Trésor comme référence de prix, la structuration des émissions obligataires et le recours aux titres de créance négociables sont autant d'éléments qui pourraient inspirer les autorités ivoiriennes dans leur stratégie de financement.
Les opérations de prêt de titres ont atteint 163 milliards de dirhams entre janvier et avril 2026, en hausse de 36,6% sur un an, avec les Bons du Trésor représentant 97,9% des volumes échangés. Cette liquidité du marché souverain est un atout pour la stabilité financière, un objectif que la Côte d'Ivoire poursuit dans le cadre de son programme de développement.
FAQ : Comprendre le marché de la dette marocain
Quel est l'encours total du marché de la dette marocain à fin avril 2026 ?
L'encours global s'établit à 1.143 milliards de dirhams, en hausse de près de 11 milliards par rapport à fin décembre 2025.
Quels sont les principaux instruments de dette au Maroc ?
Les Bons du Trésor dominent avec 70,4% du marché, suivis des obligations (19%) et des titres de créance négociables (8,5%).
Comment les émissions obligataires se comparent-elles aux Bons du Trésor ?
Les obligations sont exclusivement à long terme, avec des taux de 2,75% à 4,37%, tandis que les Bons du Trésor privilégient les maturités moyennes pour équilibrer coût et étalement des remboursements.
Quel est le rôle des titres de créance négociables ?
Ils servent principalement à gérer les besoins de trésorerie des banques et des entreprises, avec une prépondérance du secteur bancaire (52,6% des émissions).
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