Le procès de Mohammed Taoussi s'est ouvert ce mardi devant les assises du Luxembourg. Cet homme de 41 ans, d'origine marocaine, est accusé du meurtre de son fils Wassim, âgé de seulement 3 ans, survenu en novembre 2023 à Arlon, en Belgique. Les débats ont débuté par le récit glaçant des circonstances ayant conduit au décès du petit garçon, dont le corps portait de multiples traces de violences.
Un décès d'abord passé inaperçu
Wassim était arrivé inconscient à l'hôpital d'Arlon. Sur le moment, le médecin urgentiste n'avait pas jugé sa mort suspecte. Mais très vite, un témoignage est parvenu à la police, évoquant des soupçons de maltraitance. Des voisins et proches ont rapporté avoir entendu le père crier sur son enfant, ou encore perçu des bruits de gifles.
L'enfant, qui ne parlait pas mais poussait des cris, avait été admis à plusieurs reprises à l'hôpital avec des blessures conséquentes, dont une épaule déboîtée. Plusieurs témoins ont également indiqué que Mohammed Taoussi traitait son fils de « gogole », un terme particulièrement dévalorisant.
L'autopsie révèle l'horreur
Face à ces éléments, le juge d'instruction a ordonné un scanner post-mortem, puis une autopsie. Les résultats ont été sans appel. L'avocat général, Julien Docquier, a détaillé les conclusions des médecins légistes : « L'autopsie a révélé de multiples ecchymoses sur l'ensemble du corps ainsi qu'au niveau du visage. Le corps de l'enfant présentait également une lésion suggérant une morsure à la cuisse, ainsi qu'un important hématome cérébral. »
Une fracture de l'os hyoïde laissait aussi supposer des gestes d'étranglement. Les experts ont conclu à un homicide par coups ou impacts à la tête, ayant provoqué une hémorragie intracrânienne létale, associée à des gestes d'étranglement.
Un parcours marqué par la violence
Le réquisitoire a également retracé le parcours de Mohammed Taoussi. Ancien karatéka de haut niveau au Maroc, il est arrivé en Belgique en 2017. Il rencontre celle qui deviendra son épouse en 2019, puis mère de Wassim en 2020. Mais rapidement après la naissance du petit garçon, la vie de couple se dégrade et la police est appelée à plusieurs reprises.
Dès 2021, la mère confie ses doutes sur le comportement de son mari avec l'enfant. Le couple se sépare à la fin de cette année. À partir d'avril 2022, Wassim est hospitalisé à plusieurs reprises pour des blessures graves. En octobre, un dossier est ouvert au Service d'Aide à la Jeunesse (SAJ), sur la base des déclarations du père, qui s'inquiète de l'instabilité de son ex-épouse et du développement de son enfant.
Une alerte ignorée
Le 27 février 2023, la mère de Wassim perd la vie dans un accident de voiture. Mohammed Taoussi se retrouve seul avec son fils, potentiellement autiste. Des témoins constatent alors que le père se montre agressif envers l'enfant. En avril 2023, Wassim est de nouveau hospitalisé pour une fracture du fémur. En mai, la grand-mère maternelle alerte le SAJ.
À la suite de ces accusations, Mohammed Taoussi et son fils sont encadrés par un service pendant trois mois. Mais l'accompagnement prend fin, le SAJ estimant « qu'il n'y a aucune inquiétude quant à la prise en charge de Wassim par Mohammed Taoussi, décrit comme un père ».
Quelques mois plus tard, le drame se joue. Les deux années d'enquête ont permis de réunir suffisamment d'éléments pour poursuivre Mohammed Taoussi pour le meurtre de son fils, mais aussi pour coups et blessures volontaires et privation de soins. Le procès se poursuit cette semaine devant la cour d'assises du Luxembourg.
Questions fréquentes sur le procès de Mohammed Taoussi
Qui est Mohammed Taoussi ?
Mohammed Taoussi est un homme de 41 ans, d'origine marocaine, ancien karatéka de haut niveau, installé en Belgique depuis 2017. Il est jugé pour le meurtre de son fils Wassim, âgé de 3 ans.
Quelles sont les charges retenues contre lui ?
Il est poursuivi pour le meurtre de son fils, des coups et blessures volontaires, ainsi que pour privation de soins.
Quand le drame a-t-il eu lieu ?
Wassim est décédé en novembre 2023 à l'hôpital d'Arlon, en Belgique, des suites de violences ayant provoqué une hémorragie intracrânienne et des gestes d'étranglement.