Royaume-Uni : un homme avoue avoir violé son ex-épouse pendant plus de dix ans
Une affaire judiciaire qui rappelle tragiquement le procès français de Mazan secoue actuellement le Royaume-Uni. Philip Young, un Britannique de 49 ans, a reconnu vendredi devant la cour criminelle de Winchester avoir drogué et violé à de multiples reprises son ex-épouse Joanne Young pendant plus d'une décennie.
Un courage exemplaire face à l'horreur
À l'image de Gisèle Pelicot en France, Joanne Young, âgée de 48 ans, a pris la décision courageuse de renoncer à son droit à l'anonymat. Cette démarche, saluée par les autorités britanniques, témoigne d'une volonté de faire la lumière sur ces crimes odieux et de briser le silence qui entoure trop souvent les violences conjugales.
La victime a assisté à l'audience accompagnée de sa sœur et d'un agent spécialisé dans le soutien aux victimes, mais n'a pas souhaité s'exprimer devant les journalistes présents au tribunal.
Des aveux partiels mais accablants
Philip Young, ancien élu local conservateur selon les médias britanniques, faisait face à 56 chefs d'accusation distincts. Il a reconnu sa culpabilité pour 48 d'entre eux, incluant une vingtaine de viols et d'agressions sexuelles commis entre 2010 et 2023.
L'accusé a également admis avoir administré des substances à son ex-épouse "avec l'intention de l'étourdir ou de la maîtriser afin d'avoir un rapport sexuel". Des actes de voyeurisme ont aussi été reconnus par le prévenu.
Cependant, Philip Young a plaidé non coupable concernant huit autres charges, notamment la réalisation d'images indécentes d'enfants et la possession d'images pornographiques extrêmes entre 2019 et 2024.
Cinq complices présumés
Cette affaire implique également cinq autres hommes, âgés de 31 à 61 ans, accusés de viols ou d'agressions sexuelles sur Joanne Young. Quatre d'entre eux ont plaidé non coupable, tandis que le cinquième ne s'est pas encore prononcé. Leur procès est prévu pour octobre 2026.
Ces hommes, qui ont comparu libres, sont arrivés au tribunal en dissimulant parfois leur visage. Selon les enquêtes, le principal accusé et trois de ses complices présumés auraient vécu dans la ville de Swindon, située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Londres.
Une enquête saluée par les autorités
Geoff Smith, responsable de la police du Wiltshire, a rendu hommage au "courage incroyable" de Joanne Young et au travail "acharné" des enquêteurs qui ont permis de traduire Philip Young en justice pour "ses actes odieux".
La juge Angela Morris, qui préside les audiences, a imposé des restrictions concernant ce que les médias et le public peuvent rapporter des débats, afin de préserver l'intégrité de la procédure judiciaire.
Cette affaire britannique fait écho au retentissant procès français de Mazan, où Gisèle Pelicot avait été violée pendant une décennie par des dizaines d'inconnus recrutés par son mari sur Internet. Comme sa consœur française, Joanne Young refuse le silence et contribue à faire avancer la cause des victimes de violences sexuelles.