Yémen : 58 morts dans des attaques houthies, la trêve de 2022 vole en éclats
Abidjan, 6 août 2026 – Au moins 58 soldats des forces gouvernementales yéménites ont perdu la vie ce jeudi dans des frappes de drones et de missiles menées par les rebelles houthis, soutenus par l'Iran. Il s'agit du bilan le plus lourd depuis la trêve de 2022, qui avait mis fin à plus de sept ans de guerre civile dans ce pays de la péninsule arabique.
Les Houthis ont revendiqué ces attaques, affirmant avoir répondu à un renforcement des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite. Le ministère de la Défense du gouvernement reconnu par la communauté internationale a promis une riposte « à l'heure et à l'endroit appropriés ».
Des frappes ciblées dans l'est du Yémen
Selon un responsable militaire, les attaques ont visé un camp dans la province de Marib, au centre du pays, ainsi que d'autres positions dans la province d'Hadramout, près de la frontière saoudienne. Le porte-parole militaire houthi, Yahya Saree, a parlé d'une « opération de grande envergure » et dénoncé un « important renforcement militaire saoudien ». Il a averti que les rebelles étaient « prêts en cas d'escalade ».
Un conflit qui s'étend à la mer Rouge
La guerre au Yémen a débuté en 2014, lorsque les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa. Une coalition militaire menée par Riyad est intervenue en 2015 pour soutenir le gouvernement. La trêve de 2022, négociée par l'ONU, avait apporté un répit, mais les hostilités ont repris le mois dernier, après une tentative d'atterrissage d'un avion iranien à Sanaa, perçue comme un défi à l'hégémonie saoudienne.
Mercredi, les Houthis ont déclaré avoir attaqué deux pétroliers saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, dans le cadre d'un blocus annoncé en juillet contre la flotte saoudienne. Cette escalade fait peser une menace directe sur la capacité de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, à acheminer son pétrole vers les marchés internationaux, alors que l'Iran a déjà verrouillé le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février.
Un bilan humain et humanitaire dramatique
Seize soldats avaient déjà été tués début juillet dans une attaque houthie près de Hodeida. La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans l'une des pires crises humanitaires au monde. Pour la Côte d'Ivoire, cette recrudescence des violences rappelle la fragilité des équilibres régionaux et l'urgence d'une solution diplomatique durable, dans un contexte où la stabilité du Moyen-Orient impacte directement les routes commerciales et les prix des hydrocarbures.