Jack Lang dans la tourmente : enquête du Parquet national financier pour blanchiment
L'ancien ministre français de la Culture Jack Lang, âgé de 86 ans, fait désormais l'objet d'une enquête du Parquet national financier (PNF) pour blanchiment de fraude fiscale aggravée. Cette procédure intervient après la révélation de nombreux échanges entre l'homme politique et le défunt milliardaire américain Jeffrey Epstein, condamné pour pédophilie.
Une affaire qui s'aggrave
Le PNF a ouvert vendredi 6 février une enquête préliminaire concernant Jack Lang et sa fille Caroline Lang, suite aux révélations de Mediapart sur leurs liens financiers supposés avec Epstein. L'institution française chargée de lutter contre la fraude fiscale examine les documents publiés par les autorités américaines.
Parmi ces documents figurent des échanges révélateurs entre les deux hommes. En 2017, Jack Lang aurait écrit à Jeffrey Epstein : "Cher Jeffrey, votre générosité est infinie. Puis-je encore abuser ?" avant de solliciter le milliardaire pour un transport en voiture vers une fête organisée par l'Aga Khan.
Pressions pour une démission
Président de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, Jack Lang subit des pressions croissantes pour démissionner de ce poste prestigieux. Convoqué dimanche par le gouvernement français, il se trouve actuellement à Marrakech, décrit comme "sonné et épuisé" par ses proches.
L'ancien ministre, dont le nom apparaît 673 fois dans les documents Epstein, maintient qu'il ignorait tout du passé criminel du financier américain lorsqu'il l'a rencontré il y a une quinzaine d'années par l'intermédiaire du réalisateur Woody Allen.
Sa fille également impliquée
Caroline Lang, fille de Jack Lang, a démissionné lundi de la direction d'un syndicat de producteurs de cinéma après les révélations sur une société offshore qu'elle avait fondée en 2016 avec Epstein. "C'était un ami, ce n'était pas un intime", a-t-elle déclaré jeudi soir sur BFMTV, ajoutant : "Comment on pouvait imaginer des horreurs pareilles ? Je ne pouvais pas savoir. Et mon père non plus."
Laurent Merlet, avocat de Jack Lang, estime normal que les autorités demandent des explications et réfute l'idée que les documents prouvent des liens d'amitié intenses entre son client et le criminel américain.
Cette affaire illustre les ramifications internationales du scandale Epstein et souligne l'importance de la transparence dans les relations entre personnalités publiques et milieux d'affaires internationaux.