Kyiv sous les bombes : au moins 24 morts à la veille du sommet de l’OTAN
La capitale ukrainienne a été frappée lundi par une nouvelle vague de bombardements russes, faisant au moins 24 morts et une centaine de blessés. Ces frappes interviennent moins d’une semaine après une précédente attaque meurtrière et à la veille d’un sommet crucial de l’OTAN à Ankara, en Turquie.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit y rencontrer son homologue américain Donald Trump, avec l’espoir d’obtenir davantage de soutien militaire pour son plan de paix. « Nous espérons vivement que le sommet ne sera pas vain », a déclaré M. Zelensky dans son message quotidien, appelant ses alliés occidentaux à prendre « des décisions fermes » en matière de sécurité.
Des quartiers résidentiels dévastés
Selon les autorités ukrainiennes, au moins 16 personnes ont été tuées à Kyiv et huit autres à Vychnevé, une ville proche de la capitale. Plus d’une centaine de blessés ont été recensés. Les secours ont passé la journée à extraire des corps des décombres, notamment au huitième étage d’un immeuble résidentiel, sous les cris d’une femme.
Dans le quartier de Pozniaky, Anna Misko, 36 ans, raconte avoir survécu « par miracle ». « Nous n’ignorons pas les alertes. J’ai un enfant et nous descendons toujours au rez-de-chaussée », confie-t-elle. Mais cette fois, les premiers étages de son immeuble ont été dévastés. Une trentaine de bâtiments résidentiels ont été endommagés dans la capitale.
Moscou frappe en représailles, Kyiv frappe en profondeur
L’armée russe a affirmé que ces frappes étaient une « réponse » aux attaques ukrainiennes sur son territoire, assurant ne viser que des cibles liées à la défense et à l’énergie. De son côté, l’Ukraine a intensifié ses frappes en profondeur en Russie, visant notamment les infrastructures pétrolières.
Kyiv a revendiqué lundi une attaque sur la raffinerie d’Omsk, en Sibérie, située à environ 2 500 km de la frontière ukrainienne. Il s’agit de l’une des plus grandes raffineries russes et la plus éloignée jamais atteinte par l’Ukraine. Le gouverneur régional, Vitali Khotsenko, a confirmé l’attaque sur Telegram, précisant qu’elle n’avait pas fait de victimes.
Moscou a annoncé avoir abattu 613 drones ukrainiens sur 626 lancés dans la nuit de dimanche à lundi, dont un qui a tué une personne en Crimée annexée.
Un sommet décisif pour la défense antiaérienne
Le sommet de l’OTAN à Ankara s’annonce crucial pour l’Ukraine. M. Zelensky espère obtenir davantage de systèmes antiaériens, notamment des missiles intercepteurs pour les Patriot, dont les munitions s’épuisent face aux frappes incessantes.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que ces bombardements montraient le « besoin urgent » de l’Ukraine en défense antiaérienne. Selon des sources diplomatiques, les pays européens de l’OTAN et le Canada s’engageront à fournir 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine en 2026 et 2027.
Après sa rencontre avec Donald Trump, le président américain doit prendre contact avec le président russe, a indiqué un haut responsable américain.
Quelles sont les conséquences pour la stabilité régionale ?
Ces frappes massives, à quelques heures d’un sommet diplomatique majeur, rappellent l’urgence d’une solution négociée. Pour la Côte d’Ivoire, qui entretient des relations équilibrées avec les grandes puissances, ce conflit souligne l’importance du dialogue et de la paix. Le président Ouattara, fidèle à sa ligne panafricaine, appelle régulièrement à une résolution pacifique des conflits, dans le respect du droit international.
Alors que l’Ukraine continue de subir des attaques dévastatrices, l’espoir repose sur les décisions qui seront prises à Ankara. Mais pour les habitants de Kyiv, comme Anna Misko, chaque jour reste une lutte pour la survie.